Deux offres attendues, le passage par une agence immobilière acté : bientôt une issue pour le château de Templeuve ?
Philippe Robert a demandé des explications à la majorité sur le dossier de la vente.
Le dossier de la vente du château de Templeuve traîne depuis de nombreux mois. Pourtant, le temps passe et les dégradations continuent d'être visibles, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de la bâtisse. Récemment, le conseil communal s'était accordé sur une baisse du prix de vente à 600.000 euros.
Lors de la séance de ce mardi soir, Philippe Robert (PS) a interrogé la majorité sur l'une des offres reçues il y a déjà quelques mois. "En décembre dernier, vous m'avez aimablement reçu dans votre cabinet en compagnie de deux investisseurs potentiels. Ceux-ci vous ont présenté leur projet de réhabilitation du château de Templeuve. Ils sont totalement conscients qu'une partie du château est classée et que rien ne sera facile. Après quoi, ils vous ont déposé une offre irrévocable d'achat du château de Templeuve au prix fixé par le conseil communal, soit 600.000 euros ", a-t-il rappelé.
L'ancien échevin regrette le manque d'informations à la suite de cette offre déposée. "La durée de validité de l'offre se terminait le 14 janvier dernier, car cela faisait un an qu'ils avaient déjà formulé une première offre restée sans réponse. Pouvez-vous informer les membres du conseil communal de la finalité de cette offre ?"
Une vente sans condition
Aucune offre n'a cependant été introduite auprès de la notaire en charge du dossier, ce que regrette la bourgmestre Marie-Christine Marghem. "L'une de ces formalités était au minimum de contacter la notaire. Ce n'était pas à moi de le faire, puisque j'ai été confrontée à votre demande afin de positionner le collège", a-t-elle expliqué.
L'offre formulée était assortie de conditions suspensives liées à l'octroi d'un crédit hypothécaire et à l'obtention de plusieurs autorisations. Une démarche qui n'était pas du goût des élus tournaisiens. "Le choix du Conseil est d'avoir une offre sans conditions. Ce n'est pas un caprice, c'est parce que la volonté du collège n'est pas simplement de vendre le château, mais de lui donner une nouvelle affectation. Ce qui compte, c'est le projet, sa faisabilité et la confiance que l'on peut avoir dans les investisseurs ", a ajouté Caroline Mitri.
L'échevine en charge des Bâtiments publics a annoncé que deux offres avaient récemment été reçues et que les potentiels acquéreurs seraient rencontrés prochainement. Le Service du Patrimoine va également prospecter afin de collaborer avec une agence immobilière spécialisée dans les biens d'exception comme le château de Templeuve. "Le but est d'aller au-delà de la simple publicité, à la recherche d'investisseurs conscients de ce à quoi ils s'engagent. "
Agir avant que la mérule ne se propage
Dans sa réplique, Philippe Robert ne s'est pas montré convaincu par le choix de passer par une agence immobilière alors que trois offres ont déjà été formulées. "Cela signifie que le futur acquéreur devra payer entre 3 et 4 % supplémentaires pour rémunérer l'agence, ce qui est logique puisque celle-ci doit se payer", a-t-il souligné.
Échevin pendant plusieurs mandatures, le socialiste espère une solution rapide, estimant que le dossier traîne depuis bien trop longtemps. "Ce n'est pas la bonne solution, car on va perdre du temps et la mérule va continuer à se propager."
Il appelle dès lors le collège à ne pas se montrer trop exigeant quant au devenir du château après sa vente. La priorité, selon lui, reste la préservation du site avant qu'il ne soit trop tard. La bourgmestre a toutefois tenu à le rassurer. "Nous avons reçu plusieurs propositions, mais qui ne cadraient pas fondamentalement avec le lieu. Ce n'est pas une question de faire les difficiles, mais de vendre à quelqu'un dont on peut raisonnablement penser qu'il prendra soin de ce lieu."
Le dossier n'est donc pas encore clôturé et l'ensemble des élus espèrent désormais une issue rapide afin que le château de Templeuve connaisse enfin une seconde jeunesse. Réponse dans les prochains mois.
R.R.