«On risque d'avoir une rentrée assez chahutée» : les directions d'école attendent des clarifications concrètes

«On risque d'avoir une rentrée assez chahutée» : les directions d'école attendent des clarifications concrètes

Tournai

L'inquiétude est de mise alors que le décret-programme 2 a été voté.

Le décret-programme a été adopté dans la nuit de jeudi à vendredi au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Au lendemain du vote, la colère reste vive dans les établissements scolaires. Si l'issue des débats ne surprend guère les directions, l'inquiétude demeure quant aux conséquences concrètes de la réforme dès la prochaine rentrée.

" Il fallait s'y attendre. Pas de surprise ", constate Fabrice Loncke, directeur adjoint des Ursulines - La Madeleine à Tournai. Pour lui, le vote du décret s'inscrit dans une continuité marquée par un manque de dialogue entre le pouvoir politique et le terrain. " Cela fait quelques années qu'il n'y a pas de véritable concertation. Je trouve qu'on doit sortir des enjeux politiques. Déjà sous la précédente ministre de l'Enseignement, le dialogue n'était pas vraiment au rendez-vous. "

Si le texte a été adopté, le combat n'est pas terminé pour autant, estime le directeur adjoint. " Pour nous, les équipes de direction, ce n'est pas fini. Nous n'avons toujours pas les textes définitifs, nous ne pouvons pas préparer correctement l'année prochaine. Il y a beaucoup d'insécurité. C'est très violent. "

Au-delà du contenu du décret, c'est également la méthode qui est dénoncée. " Le combat politique a été très violent. Pour la première fois depuis longtemps, les directions de l'enseignement libre se sont rassemblées dans un collectif animé par une véritable colère. Nous ne sommes pas démobilisés, nous sommes fâchés ", affirme Fabrice Loncke.

Une colère qui dépasse, selon lui, les seuls enjeux scolaires. " On est fâché pour l'enseignement, mais aussi pour des principes démocratiques. Nous avons parfois l'impression que les attentes du monde de l'enseignement sont continuellement dévalorisées. "

Même son de cloche du côté du Collège Notre-Dame de Tournai. Son directeur, François Clément, estime que les effets de la réforme ne commenceront à se faire sentir que dans les prochains mois.

" Ce vote ne sera en réalité que le début ", prévient-il. " On lance une machine dont on ne mesurera les conséquences que dans les années à venir. "

Selon lui, les inquiétudes gagnent désormais les familles. " Les parents s'inquiètent déjà pour les enfants qui entreront en première secondaire. Aujourd'hui, nous ne savons toujours pas précisément dans quelles conditions nous allons devoir organiser la rentrée, tant au niveau des enseignants que des élèves et des classes. "

Le directeur craint que les tensions ne s'accentuent pendant l'été. " Les professeurs sont inquiets, mais les parents le deviennent aussi, tout comme les élèves. Cette rumeur qui grondait depuis plusieurs mois, selon laquelle cette réforme aurait des conséquences négatives, risque de prendre de l'ampleur pendant les vacances. "

À quelques semaines de la préparation de la rentrée scolaire, les établissements attendent désormais des clarifications concrètes. Avec une certitude pour François Clément : " Nous risquons d'avoir une rentrée scolaire assez chahutée. "


J.C.


Sur le même sujet