Celles : un conseil communal… qui fait du bien
Un édito signé Sébastien Lippens.
Trois heures de débats. Plus de cinquante points à l'ordre du jour. Des dossiers aussi importants que les comptes de la commune et du CPAS, des modifications budgétaires, près de 160 slides à parcourir. Sur le papier, le conseil communal de ce lundi à Celles avait tout d'une séance marathon.
Et pourtant, ce n'est pas la longueur des échanges qui restera dans les mémoires. Mais plutôt l'ambiance.
Dans une époque où les conseils communaux ressemblent parfois davantage à des champs de bataille qu'à des lieux de débat démocratique, la séance de ce lundi nous a offert autre chose. De la contradiction, oui, mais du respect, aussi. Et cela mérite d'être souligné.
Et pour preuve. Nous avons découvert Yves Willaert tout sourire, et le voir taquiner le bourgmestre en lui accordant une note supérieure à 5/10, clin d'oeil à l'évaluation attribuée récemment à Michael Busine par Véronique Durenne dans l'émission Politiquement Incorrect de notélé. Mais derrière l'humour, le conseiller d'opposition a surtout salué certaines décisions de la majorité tout en critiquant d'autres choix, de manière argumentée et constructive.
Même état d'esprit du côté d'Élise Deplechin. En l'absence de Jean Delestrain, elle assurait la conduite du groupe des Engagés. Une responsabilité particulière quand on sait que Jean Delestrain manquait, pour la première fois en plus de 42 années de vie politique et plus de 400 conseils communaux, une séance qu'il avait pourtant tenté de faire reporter de quelques jours.
Mais là aussi, le débat est resté serein.
Lorsque l'opposition a soutenu plusieurs points importants de l'ordre du jour, elle l'a fait sans renoncer à son rôle, comme pour la vente de bâtiments communaux à Pottes (point qui sera revu et expliqué lors du prochain conseil communal) ou pour le projet d'acquisition d'un terrain rue du Ruisseau à Molenbaix, pour un montant de 220.000€, afin d'accompagner le développement du club de football de Molenbaix promu à l'échelon supérieur la saison prochaine.
"Nous comprenons la volonté", a expliqué Élise Deplechin, tout en appelant la majorité à "veiller à ce que d'autres clubs sportifs puissent également bénéficier d'investissements similaires lorsque cela s'avérera nécessaire".
Une réflexion immédiatement prolongée par Yves Willaert. "Pourquoi ne pas également étudier des solutions pour le terrain de football de Velaines, situé en zone d'aménagement concertée ? Ce que l'on fait pour l'un, on pourrait le faire pour l'autre. Soutenons nos deux clubs de football."
À Celles, personne n'ignore que majorité et opposition défendent souvent des visions différentes. Mais ce lundi, les divergences ne se sont jamais transformées en affrontement. Pas de haussement de ton. Pas de procès d'intention. Et pour rester dans le monde du football, pas de petit tacle inutile qui ne servirait qu'à raviver une flamme entretenue depuis plusieurs années.
Et, franchement, cela fait du bien.
Le siège de Jean Delestrain est donc resté vide ce lundi. On peut comprendre qu'une majorité aussi courte doive d'abord s'assurer de la présence de ses propres troupes avant de fixer une séance aussi importante. C'est la réalité arithmétique d'un conseil communal à 9 contre 8.
Mais si l'atmosphère observée ce lundi venait à s'installer durablement, alors peut-être qu'un jour, lorsqu'un élu de l'opposition demandera un léger report de séance, la majorité se montrera plus souple. Plus ouverte. Plus confiante.
On peut l'imaginer. On peut l'espérer. On peut même en rêver.
Car après le conseil communal de ce lundi, on pourrait finir par croire qu'à Celles, tout peut arriver.
Sébastien Lippens