«Des mesures indispensables», »Repartir d'une page blanche» ,... : le Parlement de la Fédaration Wallonie-Bruxelles sous tension pour le vote de la réforme de l'enseignement

«Des mesures indispensables», »Repartir d'une page blanche» ,... : le Parlement de la Fédaration Wallonie-Bruxelles sous tension pour le vote de la réforme de l'enseignement

«Des mesures indispensables», »Repartir d'une page blanche» ,... : le Parlement de la Fédaration Wallonie-Bruxelles sous tension pour le vote de la réforme de l'enseignement

Un important dispositif policier a été déployé autour du Parlement.

Des milliers d'enseignants, d'élèves et de membres du personnel éducatif ont convergé ce jeudi vers Bruxelles à l'appel des organisations syndicales. Alors que le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) débat du décret-programme contenant plusieurs mesures d'économies, la mobilisation a rapidement dégénéré aux abords de l'assemblée.

Les syndicats avaient appelé leurs affiliés à faire de cette journée une mobilisation exceptionnelle afin de dénoncer les réformes prévues dans l'enseignement. Dès la matinée, un important dispositif policier a été déployé autour du Parlement pour encadrer les manifestants et sécuriser le périmètre.

Des incidents devant le Parlement

La tension est montée d'un cran lorsqu'une intrusion a été signalée dans le bâtiment du Parlement. Des affrontements ont alors éclaté à proximité du périmètre de sécurité.

Peu avant 16 heures, la police a procédé à la dispersion des manifestants. Plusieurs arrestations ont été effectuées dans un climat particulièrement tendu.

Jori Dupont dénonce un " précédent extrêmement grave "

Parmi les voix les plus critiques au sein de l'hémicycle, le député indépendant Jori Dupont a dénoncé la procédure ayant conduit à la tenue de cette séance plénière.

Selon lui, le règlement du Parlement n'aurait pas été respecté. " Ils piétinent la démocratie pour mieux piétiner les profs. Cette plénière a été convoquée de manière totalement illégale, hors règlement. Le règlement d'un Parlement, ce n'est pas quelque chose d'anodin. C'est lui qui définit les contours de la démocratie parlementaire ", a-t-il affirmé.

Jori Dupont juge particulièrement préoccupant le fait que la séance ait été programmée moins de 84 heures après les travaux en commission.

" C'est du jamais vu. À partir du moment où l'on piétine les règles démocratiques pour aller plus vite, on crée un précédent extrêmement grave ", a-t-il poursuivi.

Dorothée De Rodder : " Nous irons jusqu'au bout "

Pour la députée socialiste Dorothée De Rodder, la contestation dépasse largement la question des deux heures supplémentaires souvent évoquée dans le débat.

" Nous irons jusqu'au bout pour empêcher ce décret-programme de passer au vote. Nous voulons défendre un enseignement de qualité ", a-t-elle déclaré.

La représentante syndicale appelle la ministre à reprendre les discussions depuis le début avec les acteurs du terrain.

" Il faut repartir d'une page blanche et construire l'enseignement avec les enseignants et l'ensemble des acteurs concernés ", estime-t-elle.

Selon elle, les conséquences du décret-programme pourraient être importantes pour l'avenir du système éducatif.

" On est en train de construire un enseignement à deux vitesses ", a-t-elle averti.

Véronique Durenne défend des mesures " indispensables "

Du côté de la majorité, Véronique Durenne (MR) a défendu la nécessité des mesures proposées.

" Ce sont des mesures qui ne sont pas prises de gaieté de coeur, mais des mesures indispensables et responsables pour notre enseignement et pour maintenir un enseignement de qualité, au vu de la situation budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles ", a-t-elle déclaré.

La députée a également condamné les dégradations observées autour du Parlement.

" J'ose espérer qu'il y aura un respect de chacun, de l'institution et des parlementaires. On peut ne pas être d'accord, mais il y a un minimum. Je déplore réellement ce qui se passe dehors. Les dégradations auxquelles nous assistons aujourd'hui sont scandaleuses ", a-t-elle insisté.

Alors que plusieurs milliers de personnes poursuivaient leur mobilisation dans les rues de Bruxelles ce jeudi après-midi, les débats se poursuivaient toujours au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le vote du décret-programme est attendu à l'issue des discussions.


J.C.


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