Dénonciations de maltraitance animale à l’abattoir d’Ath : les réactions se multiplient dans la cité des Géants

Dénonciations de maltraitance animale à l’abattoir d’Ath : les réactions se multiplient dans la cité des Géants

Ath
Dénonciations de maltraitance animale à l’abattoir d’Ath : les réactions se multiplient dans la cité des Géants

Entre indignation, appels à la rigueur judiciaire et défense des filières locales, les réactions politiques et agricoles se multiplient et laissent entrevoir une onde de choc à Ath.

La diffusion d'images issues de l'abattoir d'Ath par l'association de défense des animaux GAIA provoque une vive émotion dans la cité des Géants. Depuis ce mardi, les réactions s'enchaînent, notamment dans la sphère politique. Plusieurs élus athois ont d'ailleurs réagi à la dénonciation de cas de maltraitance animale au sein de l'abattoir.

Bruno Lefèbvre, député régional (PS) : "Laisser travailler la justice, l'AFSCA et les autorités compétentes"

Parmi eux, le député régional Bruno Lefèbvre appelle à laisser la justice travailler. " Les images diffusées concernant l'abattoir d'Ath sont interpellantes et suscitent légitimement beaucoup d'émotion. Le bien-être animal est une exigence absolue et, si des manquements sont établis, ils devront être traités avec toute la rigueur nécessaire. Je crois toutefois qu'il est essentiel de laisser la justice, l'AFSCA et les autorités compétentes mener leur travail sereinement. Les enquêtes en cours doivent permettre d'établir les faits, les responsabilités éventuelles et les mesures à prendre ", explique-t-il, en rappelant qu'il avait soutenu les démarches visant à préserver un outil d'abattage de proximité lorsqu'il était bourgmestre de la ville.

Pour autant, Bruno Lefèbvre se montre très ferme en matière de bien-être animal : " L'existence d'un abattoir de proximité ne peut se concevoir que dans le respect strict de la législation et des exigences en matière de bien-être animal. J'ai confiance dans les autorités compétentes pour faire toute la lumière sur cette affaire et garantir la transparence nécessaire. "

Ysaline Rémy, échevine de l'Agriculture, du Circuit court et de la Politique alimentaire (MR) : " Ne pas discréditer tout un secteur avant que l'ensemble des faits soit établi "

De son côté, Ysaline Rémy condamne également fermement ces actes. " Le respect des animaux est une valeur fondamentale que partagent l'immense majorité de nos agriculteurs et de nos éleveurs, qui exercent leur métier avec passion, engagement et professionnalisme. Les manquements commis devront être établis et traités avec toute la rigueur nécessaire. Il ne peut y avoir aucune tolérance lorsqu'il s'agit du respect de la réglementation et du bien-être animal ", précise-t-elle sur Facebook.

Si l'échevine de l'Agriculture dit " mesurer l'émotion et les interrogations que ces images suscitent ", elle appelle aussi à ne pas céder aux conclusions hâtives, rappelant que la situation doit être analysée dans son ensemble. " Je regrette que certains aient déjà choisi de rendre leur verdict sur la place publique alors que les investigations sont toujours en cours. Dans un dossier aussi sensible, la recherche de la vérité doit toujours primer sur les réactions immédiates et les prises de position motivées par des considérations politiques ou autres. Notre région a besoin de soutenir ses producteurs, ses éleveurs et l'ensemble des acteurs des filières agricoles locales. Ils jouent un rôle essentiel dans notre économie, notre souveraineté alimentaire et le développement des circuits courts. Il serait injuste que tout un secteur soit fragilisé ou discrédité avant même que l'ensemble des faits soit établi. "

Ecolo Ath : "Des faits aussi graves nécessitent des mesures fortes"

La locale Ecolo d'Ath a également réagi par voie de communiqué. Plus ferme, elle demande des mesures immédiates. Le parti estime en effet que les images issues de l'enquête de GAIA sont " révoltantes ".

" Il est intolérable que des animaux soient traités de la sorte sur notre territoire communal, dans un outil censé fournir un service d'abattage d'animaux dans les meilleures conditions possibles ", précise la locale par voie de communiqué, avant de réclamer " une fermeture temporaire de l'abattoir le temps qu'une enquête ait lieu ".

La FUGEA appelle à une remise en question globale

Du côté du monde agricole, la FUGEA se dit également choquée par les images. " Les éleveurs sont profondément heurtés par les traitements infligés aux animaux qui apparaissent dans ces vidéos. Le respect du bien-être animal est au coeur du métier d'éleveur et aucune pratique contraire à la législation ne peut être tolérée ", précise le groupement d'éleveurs et d'agriculteurs.

La FUGEA insiste aussi sur le rôle que joue l'abattoir d'Ath pour les filières en circuit court et notamment la filière ovine wallonne, et appelle à ne pas tirer de conclusions hâtives.

" Les éventuels manquements constatés dans la gestion de l'abattoir ne peuvent en aucun cas jeter l'opprobre sur l'ensemble des éleveurs qui travaillent chaque jour dans le respect de leurs animaux ", exprime la FUGEA.

Pour le syndicat agricole, cette affaire appelle à une remise en question plus globale. " Cette situation soulève également des interrogations concernant les dispositifs de contrôle. Où étaient les services officiels de l'AFSCA, chargés de superviser les opérations d'abattage ? Toute la lumière devra être faite sur les éventuels dysfonctionnements. La FUGEA appelle le Gouvernement wallon à revoir sa politique en matière d'abattoirs publics et de proximité. La Wallonie doit se doter d'infrastructures modernes, adaptées aux réalités de terrain et répondant pleinement aux attentes sociétales en matière de bien-être animal ", détaille le syndicat agricole, qui demande un plan d'investissement ambitieux.


A.D.


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