Drapeau LGBTQIA+ à Silly : « Tant que je serai bourgmestre, ce sera non »

Drapeau LGBTQIA+ à Silly : « Tant que je serai bourgmestre, ce sera non »

Silly
Drapeau LGBTQIA+ à Silly : « Tant que je serai bourgmestre, ce sera non »

La politique de la commune est de s’en tenir aux drapeaux officiels. Elle préfère mener les combats autrement.

Lors du dernier conseil communal de Silly, la conseillère Aurore Walravens (Silly c'est vous) a interrogé la majorité sur l'absence du drapeau LGBTQIA+ sur la maison communale à l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie, la biphobie et la transphobie, le 17 mai. "Je voudrais rappeler que de nombreuses communes wallonnes pavoisent le drapeau arc-en-ciel, comme l'ont fait Lessines et Ath par exemple, pour afficher leur soutien à la lutte contre les discriminations." Pour la conseillère, "il est important de se mobiliser, car le dernier rapport d'Unia est inquiétant. En 2025, il y a eu 311 signalements liés à l'orientation sexuelle, 450 signalements de comportements transphobes. Cela montre que la violence est une réalité quotidienne. La Belgique a été un exemple, mais aujourd'hui, on est en recul. Le combat n'est pas fini, doit être renforcé. Et le soutien des pouvoirs locaux est une première étape. Pourquoi n'y a-t-il pas de pavoisement du drapeau à Silly ?"

Selon la bourgmestre Violaine Herbaux (LB), "la question du pavoisement est légalement organisée. On doit mettre certains drapeaux : le belge, le wallon, l'européen, et celui de la commune s'il en existe un. Le reste relève de l'autonomie communale", rappelle-t-elle. "C'est cette ligne que suivait mon prédécesseur."

Violaine Herbaux reconnaît que les propos d’Aurore Walravens « sont une réalité. Mais il y a énormément d’autres réalités et d’autres combats. Nous ne voulons donc pas ouvrir cette porte-là. Nous ne voulons pas mettre de drapeau pour défendre une cause. Notre ligne de conduite est de n’avoir que les drapeaux officiels et celui des pays de nos jumelages. » La commune a ainsi récemment eu une demande de la FJA de mettre son drapeau et cela a été refusé. « Si nous avons une demande de pavoiser le drapeau de la lutte contre les violences faites aux femmes, ce sera non aussi. »

La bourgmestre explique que ces combats lui parlent, « mais il y a des combats plus délicats, moins évidents. Si on dit oui à certains, comment dire non à d’autres. Par contre, on a programmé une chorale LGBTQIA+ lors de la Nuit de la musique. Je pense que les actions comptent plus que les symboles. Qu’on peut mener les combats via des actions culturelles. Mais un drapeau, ce sera toujours non tant que je serai là. »


S.L.