Le + de l’info: quels impacts ont les PFAS sur le lait maternel? «Les nouveaux-nés sont ultra-sensibles aux perturbateurs endocriniens lors de leur mille premiers jours de vie»
Les résultats des différentes analyses et enquêtes étaient attendus par les habitants de Chièvres et ils ont été dévoilés récemment. Sans grande surprise, il apparaît que le principal facteur de contamination aux PFAS est l’eau du robinet du puits n°1. Si ces résultats ont été accueillis avec une certaine forme de soulagement, ils soulèvent aussi leurs lots de questions notamment au niveau du suivi médical et de l'allaitement maternel.
Cela faisait trois ans que les habitants de Chièvres attendaient ces résultats. Ils les ont obtenus lors d'une réunion citoyenne organisée à Vaudignies. "Nous n'avons pas appris grand-chose mais nous avons eu des confirmations de ce que l'on savait déjà. C'est dommage d'avoir dû attendre trois ans pour avoir ces confirmations" reconnaît Frédéric Jonckers, l'échevin de la Santé de la Ville de Chièvres qui tentera d'aider et d'épauler au mieux la population locale. "Avec les autorités, on a un rôle de relais pour essayer de faire pression. On sera aussi transparant vis à vis de la population. Dès le prochain bulletin communal, il y aura une rubrique santé qui sera réalisée en collaboration avec le conseil consultatif PFAS."
Une attention particulière portée à l'allaitement
Si les messages de prévention mettent l'accent sur la prévention individuelle, ce n'est pas suffisant pour certains collectifs citoyens. "Je trouve que des préventions collectives doivent aussi être prises en compte" explique Sylviane Coclet qui pointe aussi le manque de principe de précaution autour de l'allaitement. "Non seulement, on n'utilise pas tous les PFAS mais pas non plus aux mêmes doses. Nous avons été fortement intoxiqués avec des enfants qui présentent des taux très élevés de contamination. Par rapport au lait maternel, je pense qu'il y a un vrai souci car les études existantes ne se penchent pas sur des populations hautement contaminées."
Sylviane Coclet voudrait aussi interpeller les scientifiques afin de savoir si le lait maternel est considéré comme de l'alimentation humaine. "L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA ndlr) explique que la norme pour l'alimentation humaine est de 4,4 nanogrammes par kilo par semaines. J'ai une analyse d'une maman qui date de 2022 qui avait 597 nanogrammes par kilo de litre de lait. Quand son enfant pesait 10 kilos, il prenait 45 fois la dose maximale autorisée. Est-ce que le lait maternel est considéré comme de l'alimentation humaine? Je me pose la question mais c'est aux scientifiques à y répondre. On nous demande aussi de varier notre alimentation mais ce n'est pas possible pour les nourrissons. On nous dit aussi que les nouveaux-nés sont ultra-sensibles aux perturbateurs endocriniens lors de leur mille premiers jours de vie" ajoute-t-elle.
Les autorités communales et sanitaires invitent et incitent la population à se faire tester. À Chièvres un bus mobile sera présent sur la Grand Place le 29 avril ainsi que du 1er au 3 mai prochain.
Th. Dep.