Surexposition aux PFAS dans la région de Chièvres : les citoyens qui ont consommé l’eau du robinet présentent des concentrations plus élevées
Les questionnaires réalisés lors du biomonitoring ont été analysés. Ils confirment une association statistiquement significative entre la consommation de l’eau du robinet et la présence de certains PFAS dans le sang.
L'étude menée par l'Institut Scientifique de Service Public (ISSeP), dans le cadre du biomonitoring BMH-PFAS, à la demande du gouvernement wallon, a mis en évidence une surexposition aux PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) chez les habitants des zones de Chièvres, Ronquières, Nandrin et Florennes.
Après la publication des résultats des analyses sanguines il y a un an, les questionnaires soumis aux participants ont été eux aussi épluchés par les responsables de l'étude. Ces questionnaires portaient sur les habitudes de vie, l'alimentation et l'environnement des participants.
"Cette analyse approfondie des questionnaires a permis d'identifier les principaux facteurs responsables de cette surexposition et d'orienter les actions de prévention", indique le gouvernement wallon.
La recherche des facteurs d'exposition a été réalisée sur les six PFAS les plus quantifiés (PFOA, PFOS, PFHxS, PFNA, PFHpS et PFDA).
Retrouvez la présentation complète des résultats ici.
L'eau, les oeufs et les produits de la mer
Les résultats permettent de confirmer que l'âge et le sexe influencent les niveaux d'imprégnation. Les personnes âgées et les hommes présentent généralement des concentrations plus élevées.
Les habitants résidant depuis plus de 10 ans dans les zones concernées présentent des niveaux plus élevés.
Sans surprise, les personnes ayant consommé de l'eau du robinet pendant la période de contamination présentent des concentrations en PFAS plus élevées. La consommation d'oeufs issus d'élevages domestiques et de produits de la mer est liée à des niveaux plus élevés d'exposition. L'étude précise aussi que certains produits (textiles, cosmétiques, produits d'hygiène) peuvent également contribuer à l'exposition, bien que leur impact apparaisse plus limité au vu des résultats de cette étude.
L'étude recommande de maintenir une surveillance stricte de la qualité de l'eau potable, de réduire l'exposition via des actions individuelles et collectives. "Par principe de précaution, éviter la consommation d'oeufs d'autoproduction dans les zones concernées, en attendant des analyses complémentaires. (Une étude approfondie des oeufs d'autoproduction chez les particuliers de la zone, mais également à l'échelle de la Wallonie, est pertinente pour éclairer les citoyens et les autorités sur cette problématique.)"

Facteurs majeurs influençant l'imprégnation en PFAS des résidents des zones étudiées - ISSeP
Coppieters : "Si ce chapitre est clos, notre responsabilité en tant que pouvoirs publics est de poursuivre les investigations"
Pour le ministre de la Santé et de l'Environnement Yves Coppieters (Les Engagés), des investigations vont se poursuivre. " Nous refermons aujourd'hui un chapitre important pour les citoyens : celui qui nous a permis de mesurer, comprendre et expliquer les différentes expositions aux PFAS. Ce travail permet de mieux cerner encore les causes d'imprégnation et d'adapter les comportements en conséquence. C'est pourquoi je remercie l'ISSeP et le SPW ARNE pour le travail qui nous est présenté aujourd'hui, ainsi que leur mobilisation depuis plusieurs années désormais. Je remercie aussi l'AVIQ, pour l'accompagnement des personnes concernées, du personnel de santé et la mobilisation actuelle sur le dépistage. Et je tiens aussi à remercier les autorités locales des communes concernées, pour leur collaboration étroite, leur rôle de proximité avec les citoyens dans cette période exigeante. Il est enfin à souligner que les distributeurs d'eau ont fait preuve de réactivité et désormais de proactivité pour anticiper les normes européennes. Si ce chapitre est clos, notre responsabilité en tant que pouvoirs publics est de poursuivre les investigations, continuer à garantir aux citoyens une qualité de l'eau irréprochable et de poursuivre l'amélioration du cadre réglementaire autour des PFAS, aux niveaux européen, fédéral et régional ".
J.C.