Un radar et un changement du régime de vitesse sur la N525 à Chièvres ? Pas tout à fait impossible selon le ministre François Desquesnes
Le député wallon Bruno Lefèbvre (PS) a interpellé le ministre de l’Aménagement du territoire et de la Mobilité sur la dangerosité de cet axe.
Le 10 décembre dernier, la chaussée de Saint-Ghislain (N525), à Chièvres, a été le théâtre d'un dramatique accident ayant coûté la vie à un homme d'une cinquantaine d'années. Ce mardi, en commission de l'Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux, le député wallon Bruno Lefèbvre (PS) a interpellé le ministre François Desquesnes (Les Engagés) sur la dangerosité de cet axe.
"Depuis cet accident, de nombreux témoignages affluent pour dénoncer le caractère accidentogène de cette route et réclamer des aménagements spécifiques visant à réduire la vitesse et à limiter les dépassements, a fortiori quand, à quelques mètres ou quelques dizaines de mètres du lieu de l'accident, se trouve une infrastructure sportive importante. Un club de football s'y est installé, avec de nombreux parents qui s'y rendent le week-end pour voir leurs enfants", a-t-il relaté, avant de questionner : "Le caractère accidentogène de cette route a-t-il été corroboré par vos services et les forces de police, le cas échéant ? Un programme de travaux de sécurisation existe-t-il ? Et à combien est-il évalué ? Enfin, quand ces travaux pourraient-ils éventuellement débuter ?"
En prémisse de sa réponse, le ministre de l'Aménagement du territoire et de la Mobilité a rappelé que "la sécurité est un enjeu important pour le gouvernement". François Desquesnes a également insisté sur le fait que la N525 fait partie des préoccupations de son administration, puisqu'elle a déjà fait l'objet de plusieurs interpellations par le passé.
"Ces différentes questions ont été examinées dans le cadre des réunions de la Commission provinciale de sécurité routière. À la suite de ces échanges, les mesures préconisées ont été mises en oeuvre afin de répondre de manière ciblée aux difficultés qui avaient été identifiées", a détaillé le ministre, qui précise également "que le régime de vitesse est conforme aux recommandations actuelles et correspond aux caractéristiques de l'axe".
Cependant, la limitation de vitesse actuelle pourrait évoluer à l'avenir. "Les travaux de hiérarchisation et de révision de la méthodologie constituent la première des conclusions des États généraux de la sécurité routière. Sur base de cette nouvelle méthodologie, il sera nécessaire de réexaminer l'ensemble du réseau routier régional et de vérifier si, en ce qui concerne la N525, le régime de vitesse est adapté à la réalité des lieux".
Le radar, la solution ?
Si, en matière de respect des limitations de vitesse, la zone de police est compétente, le ministre a également insisté sur sa volonté d'agir. "J'ai décidé, depuis le début de la législature, de financer l'installation annuelle de 150 radars sur base des demandes formulées par les zones de police et les autorités locales, et en tenant compte de grilles d'objectivation", a-t-il rappelé.
La configuration actuelle de ce tronçon de Chièvres, avec notamment la présence du club de football de l'AS Vaudignies, pourrait d'ailleurs peser dans la balance. François Desquesnes a également rappelé que les zones de police ont jusqu'au mois de mars pour introduire leur demande.
Une route accidentogène
Le caractère accidentogène de cet axe est par ailleurs mis en évidence. "L'analyse des statistiques d'accidents établies par le SPW Mobilité et Infrastructures montre que la majorité des accidents recensés sur cet axe se concentrent au centre de Chièvres. Ces accidents ne sont pas principalement liés à la vitesse, me dit l'administration, mais résultent davantage de la complexité de l'aménagement urbain, marqué par la présence de nombreux stationnements, de mouvements de véhicules et des conflits d'usages qui en résultent", a précisé le ministre.
"En ce qui concerne l'accident dramatique qui est survenu et que vous évoquiez, il convient évidemment d'attendre les conclusions de l'enquête judiciaire. Si celles-ci indiquent qu'il existe effectivement une difficulté liée à l'infrastructure, il va de soi que mes services feront inscrire cet enjeu à la prochaine réunion de la CPSR (NDLR : Comité Permanent de la Sécurité Routière) afin d'y apporter des suites utiles et d'y remédier le plus efficacement possible", a-t-il conclu.
A.D.