« Nous sommes le visage humain des services publics et nous devons le rester » : l’année 2026 restera celle des défis pour le bourgmestre d’Ath, Florent Van Grootenbrulle
Si la situation budgétaire et financière a, de nouveau, été abordée, le directeur général a également évoqué la modernisation de l’administration.
"Il y a un an, je vous faisais part de différents éléments. 2025, année avec des challenges, repli des pouvoirs fédéraux et régionaux et renvoi vers les communes. 2025, année houleuse, car nécessité de relever les finances communales, nécessité de prise de responsabilités et d'action. Et d'autres notions que je ne vais plus évoquer aujourd'hui. Eh bien, sans prétention, je crois pouvoir vous dire que je ne me suis pas trompé". C'est non sans un certain soulagement que Florent Van Grootenbrulle tourne la page de l'année 2025.
À l'occasion des voeux au personnel communal, le bourgmestre d'Ath a livré sa vision pour l'année nouvelle, une année qui restera celle des défis. "Je me tourne vers 2026 en sachant que la tâche va encore être très complexe pour vous toutes et tous ici réunis", a-t-il prévenu. S'il ne veut pas dépeindre un scénario totalement noir, Florent Van Grootenbrulle entend rester réaliste. "Tant qu'il n'y aura pas un retour du respect pour nos pouvoirs locaux et leurs équipes, et que nous serons vus comme des variables d'ajustement, le futur ne pourra pas s'éclaircir".
Le bourgmestre a par ailleurs insisté sur le travail de l'administration, au service du citoyen. "Nous sommes le visage humain des services publics et nous devons le rester. La phase idéologique des mesures qui ont été prônées et qui vont devenir concrètes pour de nombreuses familles, c'est vous, c'est nous, qui devrons en gérer les conséquences alors que nous ne les avons pas choisies. Je me rends compte que nous devenons de plus en plus inaudibles pour nos concitoyens, à qui nous demandons toujours plus et à qui nous ne pouvons en retour que tenter de maintenir, au mieux, un service minimum. Qui aujourd'hui annonce faire plus avec moins de moyens en assumant ses responsabilités ? Qui réduit un déficit de 50 % en assumant ses responsabilités ? Qui est aujourd'hui un vrai gage d'efficacité ? Eh bien, c'est la Ville d'Ath, son CPAS et ses entités consolidées", a-t-il déclaré.
Florent Van Grootenbrulle a également profité de cette cérémonie de voeux pour remercier les personnes qui l'entourent au quotidien, adressant un clin d'oeil tout particulier à Catherine Baert, directrice financière faisant fonction depuis septembre, et à Thierry Ducarme, chef de corps de la police d'Ath par intérim. Il a aussi salué le travail du personnel communal.
Une administration tournée vers la modernisation
Installé pleinement dans ses fonctions de directeur général depuis décembre dernier, Guillaume Defert n'a pas manqué d'évoquer la situation budgétaire de la Ville d'Ath. "On avait commencé 2025 avec l'élaboration d'un plan de gestion. On l'a fait collectivement, avec les entités consolidées également. Ce plan de gestion a été voté en mai dernier. Il contient de nombreuses mesures organisationnelles et fiscales, qui impactent tant l'administration que le citoyen. La bonne nouvelle, entre guillemets, c'est qu'à l'occasion de la réalisation du budget 2026, on perçoit que ces mesures de gestion commencent à produire certains effets positifs", a-t-il rappelé.
Le directeur général se montre prudent mais optimiste pour la suite. "Nous connaissons une autorité qui fait des choix prudents et avisés. Ensuite, parce que nous avons une administration plutôt créative, qui a fait preuve d'un grand sens de l'adaptation face à ce contexte, mais aussi et surtout parce que la gestion quotidienne de nos finances communales me paraît être entre de très bonnes mains", a-t-il précisé, remerciant chacune et chacun pour le travail exemplaire réalisé au cours de l'année écoulée.
Afin de relever les défis de demain, le directeur général a également évoqué la modernisation de l'administration. Celle-ci concerne d'abord l'accueil du citoyen au sein de l'administration communale, dont les travaux débuteront sous peu. "Ces travaux s'inscrivent dans la volonté de l'autorité d'offrir un accueil plus moderne et plus inclusif. Il s'agit également d'intégrer de nouveaux outils technologiques, qui offriront davantage de possibilités pour le citoyen, mais aussi un travail plus serein pour les collaborateurs. Nous avançons vers une approche innovante, une nouvelle manière d'accueillir le public, qui pourrait s'étendre à d'autres secteurs de l'administration à l'avenir", a expliqué Guillaume Defert.
Le service technique devrait lui aussi évoluer en 2026 avec la mise en place d'un nouveau logiciel de gestion des tâches. "Les missions à mener au niveau des services techniques sont très nombreuses et complexes. Tout cela nécessite une coordination des ressources toujours plus précise. Ce logiciel n'est donc pas un simple gadget informatique : c'est un outil qui va modifier la manière d'organiser le travail, avec la garantie d'une plus grande transparence et d'un meilleur suivi des missions", a-t-il précisé.
Enfin, la question de l'intelligence artificielle au sein de l'administration sera également au coeur des préoccupations en 2026. "Aujourd'hui, cette pratique au sein de l'administration est disparate. 2026 sera l'opportunité de définir ensemble les limites, mais aussi le potentiel de l'utilisation de l'intelligence artificielle dans nos métiers. C'est un outil puissant, qui doit toutefois être encadré afin d'améliorer nos conditions de travail, mais également la qualité du service public".
A.D.