Pride de Tournai : les organisateurs dénoncent l'interdiction de certains symboles lors du cortège
Les organisateurs contestent une condition imposée par la Ville dans son autorisation de manifester. Ils dénoncent une atteinte à la liberté d'expression.
Ce samedi se tiendra la deuxième édition de la Pride de Tournai. Les organisateurs de l'événement expliquent avoir reçu l'autorisation officielle de la Ville de Tournai, accompagnée d'une condition qu'ils jugent problématique.
Ils indiquent que le document signé par la bourgmestre Marie Christine Marghem prévoit que " tout drapeau, symbole, pancarte, banderole ou support revendicatif qui ne serait pas lié à la communauté LGBTQIA+ " soit interdit durant la manifestation, " dans un souci d'apaisement et afin de prévenir toute tension avec d'autres communautés ".
Cette disposition est vivement contestée par plusieurs associations impliquées dans l'organisation, parmi lesquelles les Équipes populaires, le MOC Wapi, Picardie Laïque et le collectif Les Dures à queer.
"Une atteinte aux droits fondamentaux"
Les organisateurs estiment que cette restriction porte atteinte à la liberté d'expression. Ils indiquent avoir consulté la Ligue des droits humains, qui partagerait cette analyse.
Ils rappellent qu'une Pride constitue traditionnellement un espace de revendications où les luttes LGBTQIA+ sont souvent liées à d'autres combats, comme le féminisme, l'antiracisme, l'antifascisme ou encore l'anticolonialisme.
Les associations soupçonnent que cette mesure vise principalement les drapeaux palestiniens. Elles rappellent que lors de l'édition 2025, plusieurs participants avaient été invités par la police à les ranger et soulignent que le conseil communal de Tournai a adopté en début d'année une motion de soutien au peuple palestinien.
Les organisateurs pointent également un manque de clarté dans l'application de cette interdiction. Selon eux, si la consigne était appliquée à la lettre, elle pourrait également concerner des drapeaux belges, ukrainiens, syndicaux, associatifs ou encore des symboles antifascistes.
Ils appellent enfin à une mobilisation contre ce qu'ils considèrent comme " une atteinte aux droits fondamentaux " et estiment qu'une telle décision ne doit pas faire jurisprudence pour les futures manifestations organisées à Tournai.
J.C.