Péruwelz : aucune réouverture de la piscine à l'ordre du jour
Une rénovation coûterait beaucoup trop cher selon la majorité.
Fermée depuis 2022, l'ancienne piscine communale de Péruwelz continue d'alimenter le débat politique. Au conseil communal, le bourgmestre Jimmy Ababio a rappelé l'ampleur des investissements nécessaires pour remettre l'infrastructure en état, tout en assurant que des discussions se poursuivent avec la Ville de Leuze autour d'une éventuelle collaboration.
Le dossier est revenu sur la table à l'initiative de Corine Risselin (MR-IC). L'ancienne échevine souhaitait connaître les intentions de la majorité concernant l'avenir de la piscine, alors que la Ville de Leuze réfléchit à la création d'une nouvelle infrastructure aquatique et recherche des partenaires.
Elle a rappelé que, sous la précédente législature, plusieurs travaux avaient été entrepris pour maintenir le site en activité et garantir la sécurité des usagers. "Un projet de rénovation complète et de redéploiement de l'activité aquatique avait été initié", a-t-elle expliqué, soulignant qu'une demande de subsides avait été jugée recevable. Avant d'ajouter, "Les citoyens, les écoles, les clubs sportifs, les familles sont en droit d'entendre autre chose que des déclarations d'intention. Ils souhaitent connaître la vision du collège, les démarches entreprises et les perspectives concrètes qui leur sont offertes."
Une facture bien plus lourde qu'une simple remise aux normes
Jimmy Ababio a répondu en dressant un état des lieux sans concession de l'infrastructure. " Beaucoup de personnes, dont moi-même, ont la nostalgie des bons moments passés dans cette piscine. Elle a permis à plusieurs générations de se divertir depuis 1958", a-t-il déclaré. "Toutefois, une réelle politique d'investissement et de renouvellement était presque inexistante."
Le bourgmestre s'est ensuite appuyé sur l'audit technique réalisé après la fermeture du site. Selon lui, la commune a hérité d'une chaudière au gaz datant de 1968 et "définitivement morte", d'une installation au chlore gazeux devenue obsolète, de tableaux électriques "complètement oxydés" et de l'absence de système de détection incendie.
"Rien que pour remettre ce simple site aux normes, IPALLE chiffrait en 2023 la base minimale des travaux entre deux et trois millions d'euros hors TVA", a poursuivi Jimmy Ababio. "Et cela sans même inclure la rénovation complète du bâtiment, des vestiaires ou de la cafétéria. Voilà la réalité de l'héritage."
Une collaboration avec Leuze toujours sur la table
Pour autant, le collège assure ne pas avoir abandonné le dossier. Depuis le début de la législature, plusieurs rencontres ont été organisées avec les communes voisines afin d'améliorer l'accès des Péruwelziens à une piscine. Une réunion s'était notamment tenue en novembre dernier à Leuze, mais la clé de répartition financière proposée avait été jugée trop élevée. " Aucun bourgmestre n'est sorti de cette réunion en disant qu'il souhaitait entrer dans la collaboration. Il fallait injecter plusieurs centaines de milliers d'euros dans une infrastructure qui n'était pas la sienne ", a rappelé Jimmy Ababio.
Le dossier n'est toutefois pas refermé. "Pas plus tard que cette semaine, le bourgmestre de Leuze m'a recontacté pour revoir notre proposition. Ma porte n'est jamais fermée, bien au contraire. Nous en avons encore discuté aujourd'hui", a indiqué le bourgmestre. "Je ne peux cependant pas garantir que la prochaine proposition sera concluante."
" On aurait pu faire beaucoup de choses avec cette somme "
L'échange s'est finalement transformé en passe d'armes entre majorité et opposition sur les choix d'investissements réalisés ces dernières années. Jimmy Ababio a renvoyé la responsabilité à la précédente majorité : "Choisir, c'est renoncer. D'autres choix ont été posés, également par les majorités précédentes : la gare, la Lorraine ou encore le parking de la gare, soit plus de huit millions d'euros au total. On aurait pu faire beaucoup de choses avec cette somme !"
Corine Risselin a, de son côté, défendu le bilan de son ancienne équipe. Elle rappelle que la fermeture de la piscine avait été décidée "parce qu'il y avait un grave problème de stabilité" et "pour la sécurité des citoyens". Si elle reconnaît que la majorité actuelle doit désormais faire ses propres choix, elle regrette qu'aucune solution concrète ne se dessine.
"On a bien compris que votre choix ne porte pas sur la piscine. Ce qu'il faudra bien faire, c'est ne pas laisser un chancre dans ce bel écrin qu'est le parc de la Verte Chasse et trouver des solutions pour réhabiliter le site", a conclu l'élue de l'opposition.
R.R.