Traitement des déchets : une augmentation supplémentaire de 5 euros par habitant ? Ipalle interpelle l'Europe
Les habitants de Wallonie picarde paieront-ils bientôt plus cher pour leurs déchets ? Une décision est attendue d'ici le 31 juillet.
L'intercommunale Ipalle alerte sur un projet européen qui pourrait alourdir la facture des ménages. Si la valorisation énergétique des déchets était intégrée au marché européen du carbone, la cotisation déchets pourrait augmenter d'environ 5 euros par habitant.
Ipalle a accueilli ce vendredi une délégation de députés européens sur le site de son Unité de Valorisation Énergétique de Thumaide. Au coeur des échanges : un projet de la Commission européenne qui pourrait avoir des conséquences directes sur la facture des citoyens.
Bruxelles étudie actuellement l'intégration de la valorisation énergétique des déchets dans le système européen d'échange de quotas d'émission de CO2 (ETS). Une décision est attendue d'ici le 31 juillet.
Selon Ipalle, cette réforme ferait peser un coût supplémentaire important sur les intercommunales de gestion des déchets et, par ricochet, sur les habitants.
Une hausse de 42 % de la cotisation déchets ?
L'intercommunale estime qu'avec un prix du carbone fixé à 100 euros la tonne de CO2, la cotisation déchets pourrait augmenter de 42 %, soit environ 5 euros supplémentaires par habitant.
Pour Ipalle, ce mécanisme est inadapté au secteur de la gestion des déchets. L'intercommunale rappelle que les unités de valorisation énergétique interviennent en fin de chaîne et ne peuvent pas agir sur la composition des déchets qui leur sont confiés, contrairement aux industries directement concernées par les émissions de CO2.
Elle souligne également que les expériences menées en Suède et en Lituanie n'ont pas permis de réduire les quantités de déchets incinérés, tout en générant plusieurs effets indésirables.
En 2025, l'Unité de Valorisation Énergétique de Thumaide a traité près de 398.000 tonnes de déchets. Elle a produit plus de 282.000 MWh d'énergie et permis d'éviter l'émission de plus de 174.000 tonnes de CO2 grâce à la production d'électricité, à la récupération de chaleur et au recyclage des métaux.
Ipalle plaide dès lors pour d'autres solutions, comme le renforcement du principe du pollueur-payeur ou de la responsabilité élargie des producteurs, notamment pour les plastiques.
L'intercommunale rappelle enfin que la valorisation énergétique des déchets relève d'une mission de service public indispensable et estime que son intégration dans le système européen d'échange de quotas pénaliserait les collectivités locales et les citoyens sans bénéfice environnemental démontré.
J.C.