Faillite de Flaurea Chemicals : la sécurité et la situation environnementale du site suscitent beaucoup de questionnements
Cela fait plus de deux mois désormais que la faillite a été prononcée par le tribunal de l’entreprise du Hainaut, laissant une cinquantaine de travailleurs sur le carreau.
Le dossier de la faillite de l'usine chimique Flaurea Chemicals à Ath a, à nouveau, été évoqué en séance publique ce jeudi soir. Dans ses communications, le bourgmestre Florent Van Grootenbrulle (PS) a annoncé avoir interpellé le curateur afin "d'attirer son attention sur plusieurs éléments essentiels liés à la sécurité et à la situation environnementale du site".
Lors du précédent conseil communal, les conseillers d'opposition Samuel Pierquin et Pascale Nouls (La Liste Athoise) avaient déjà attiré l'attention du collège sur la pollution du site et les incertitudes entourant son avenir. "Va-t-on appliquer le principe du pollueur-payeur ?", s'interrogeait alors la conseillère Pascale Nouls, soulignant qu'il fallait éviter de voir émerger un nouveau chancre industriel pollué en plein centre-ville.
Une vanne défectueuse et c'est la catastrophe
Samuel Pierquin dénonçait également une situation actuelle potentiellement dangereuse. "À ce jour, en cas de fortes pluies, les bassins d'orage de l'usine contenant des résidus de produits chimiques doivent être pompés afin d'éviter des infiltrations dans les sols. Les eaux doivent aussi être analysées. Il semblerait en plus qu'environ 100 000 litres d'acides usagés soient encore entreposés dans des cubes à même le sol, sans vanne de rétention", dénonçait le conseiller, avant d'ajouter : "Il suffit d'une vanne défectueuse et c'est la catastrophe".
En réponse, l'échevine socialiste Ludivine Gauthier précisait que la responsabilité incombait désormais à la curatelle. "Nous ne sommes pas propriétaires du site, nous ne sommes pas non plus la société faillie. C'est donc au curateur de prendre les mesures", déclarait l'échevine.
Une réponse qui n'avait pas rassuré le conseiller d'opposition. "Il faut vraiment que le site soit sécurisé. Imaginez qu'il y ait des enfants qui y entrent, c'est la catastrophe. Un site comme celui-là doit être sécurisé 24 heures sur 24", insistait Samuel Pierquin.
La pollution du sol va être évaluée
Si, pour l'instant, aucune perspective concrète de dépollution n'est encore en vue, des études de pollution sont en cours.
"Suite à l'interrogation de notre député Bruno Lefèbvre, le ministre de la Santé Yves Coppieters confirme que, au regard des éléments déclencheurs prévus par le décret, la cessation des activités constitue bien un élément déclencheur permettant de procéder à une étude d'orientation et de caractérisation du site", a expliqué Ludivine Gauthier.
Flaurea Chemicals est par ailleurs déjà inscrite sur une liste de sites à dépolluer, au regard de la pollution historique du site.
À travers son courrier, le bourgmestre d'Ath a également appelé à mobiliser les appuis techniques régionaux et fédéraux "afin d'objectiver la situation, notamment en matière d'étude des sols, et d'assurer une prise en charge adéquate de ce dossier épineux".
A.D.