Ath : le marché hebdomadaire pourrait bien s’ancrer définitivement autour de l’église Saint-Julien
Depuis plusieurs mois, les ambulants de la Grand-Place ont rejoint ceux du square Saint-Julien. Une situation provisoire qui pourrait bien devenir définitive.
Lors d'importantes festivités comme la Ducasse d'Ath ou les Fééries de Noël, le marché d'Ath voit régulièrement sa configuration chamboulée. Les ambulants installés sur la Grand-Place sont alors délocalisés autour de l'église Saint-Julien. Depuis plusieurs mois, ces situations provisoires ont même tendance à perdurer, si bien que la ville s'interroge aujourd'hui sur la possibilité de rendre ce regroupement permanent.
En séance publique ce jeudi soir, la conseillère de La Liste Athoise Nathalie Laurent a fait part de son inquiétude face à la désertification des ambulants sur la Grand-Place. "Le marché communal hebdomadaire ne se limite pas à une simple activité commerciale. Il constitue un véritable pilier du dynamisme du centre-ville et en particulier autour de la Grand-Place. Sur le plan économique, il soutient les producteurs locaux, attire un flux régulier de visiteurs et bénéficie directement aux commerces environnants boutiques, horeca et services. Sur le plan social, il joue aussi un rôle essentiel", a-t-elle détaillé.
L'élue d'opposition s'est interrogée sur les actions mises en place afin de renforcer l'attractivité de ce marché hebdomadaire et de le valoriser comme outil stratégique pour dynamiser le commerce local autour de la Grand-Place.
Une phase de test
En réponse, Murielle Cornil (MR.@th) a expliqué ce regroupement par une baisse de fréquentation et par la succession d'activités organisées sur la Grand-Place.
"Une opportunité s'est présentée pour tester concrètement cette nouvelle organisation. Il fallait aussi éviter de déplacer sans cesse les ambulants en raison des nombreuses activités sur la Grand-Place. Par ailleurs, il faut être lucide : le marché à cet endroit ne rencontre plus le succès d'il y a 15 ou 20 ans et mobiliser toute la Grand-Place pour quelques étals ne contribue pas à valoriser cet espace", a précisé l'échevine.
Le marché à cet endroit ne rencontre plus le succès d'il y a 15 ou 20 ans
Une phase de test a ainsi été lancée autour de Saint-Julien et dans une partie de la rue de Pintamont. "Ce recentrage permet de conserver une identité forte et un cadre de qualité. Aujourd'hui, les premiers retours sont encourageants. Les ambulants bénéficient davantage de complémentarité entre alimentaire et non alimentaire et les visiteurs, comme les commerçants, sont globalement satisfaits", note encore Murielle Cornil.
L'échevine pointe aussi plusieurs avantages à cette formule : "une Grand-Place libérée, plus accessible, avec du stationnement retrouvé et une meilleure accessibilité pour tous, notamment pour les personnes à mobilité réduite".
Cette disposition fait désormais l'objet d'une évaluation afin de trancher sur la suite à lui donner. "Si cette implantation est confirmée, une communication renforcée accompagnera le marché. Une campagne de publicité, sans oublier les commerçants de la Grand-Place et des rues adjacentes, sera mise en place. L'essentiel, ce n'est pas l'endroit, c'est que le marché vive, attire et rassemble", a conclu l'échevine.
L'agence de développement local (ADL)travaille d'ailleurs à la redynamisation du marché. L'an dernier, durant tout le mois de juillet, elle avait lancé les "apéros du marché" afin de faire connaître les spécialités des ambulants.
Pour Ysaline Rémy (MR.@th), échevine du Commerce, redynamiser le marché passe aussi par un travail collectif. "C'est un travail autant de la Ville que des commerçants et de l'horeca. Si le projet reste là-bas, nous proposerons aux commerçants et à l'horeca quelques initiatives dont nous parlerons par la suite. Je pense vraiment que si tout le monde s'y met, le marché pourra perdurer. On voit dans beaucoup de villes que les marchés déclinent. Notre objectif est de conserver le nôtre, qui reste une institution", a-t-elle insisté.
Malgré cette argumentation, Nathalie Laurent est restée sceptique. "Le coeur d'une ville, c'est quand même sa Grand-Place (...) Et si le coeur d'une ville ne bat plus, la ville se meurt", a conclu la conseillère d'opposition.
A.D.