L’état des voiries en question lors du conseil communal d’Ath : « Il faudrait plusieurs dizaines de millions d’euros pour une remise en état complète »
La gestion des plus de 500 kilomètres de voiries athoises relève d’un exercice d’équilibriste entre remise en état et contraintes budgétaires.
Sans ses rues pavées, la ville d'Ath et ses villages campagnards n'auraient certainement pas le même cachet. Mais derrière cette image de carte postale, la réalité du terrain est parfois tout autre. Pour le conseiller Florent Rasseneur (MR.@th), les rues pavées ont aussi leur "revers de la médaille".
"Ils sont fragiles, ils se délogent plus facilement et demandent un entretien accru", précise l'élu libéral, qui a profité du conseil communal pour interpeller le collège sur la stratégie mise en place pour l'entretien de ces voiries.
Dans la même réflexion, Philippe Duvivier (Les Engagés) a lui aussi embrayé sur le sujet, pointant plus spécifiquement l'état désastreux du chemin du Pilori à Bouvignies. "Je ne parle pas de nids-de-poule, mais bien de crevasses sur les bords de la route. Certains riverains en ont déjà subi les conséquences", déplore-t-il.
Ces deux questions d'actualité ont permis de mettre en évidence un problème rencontré par de nombreuses communes : l'entretien des voiries communales dans un contexte budgétaire complexe.
Un million d'euros pour un simple diagnostic
Le bourgmestre Florent Van Grootenbrulle (PS), en charge des travaux, évoque des coûts exorbitants, notamment pour les diagnostics. "Lors de la mandature précédente, nous avons activement prospecté afin de trouver un organisme capable de réaliser un scanning complet de nos voiries. Toutefois, nous avons rapidement été confrontés à des contraintes financières importantes : les offres reçues, en fonction des technologies proposées, tournaient autour de 2 000 euros par kilomètre, ce qui placerait le devis total aux alentours d'un million d'euros pour l'ensemble de l'entité athoise", déplore-t-il.
Le bourgmestre précise que le contexte budgétaire ne permet pas d'assumer un tel coût. Il pointe aussi la difficulté liée à l'évolution constante de l'état de ces routes.
Pour pallier cela, la ville a préféré investir dans la formation de son personnel. "Des membres du service voirie ont suivi des formations au Centre de recherches routières à Wavre. Grâce à ces compétences, ils peuvent désormais se faire une idée précise et immédiate de l'état moyen de chaque zone et identifier les priorités d'intervention", précise Florent Van Grootenbrulle.
Le bourgmestre souligne aussi les moyens considérables nécessaires à la remise en état des voiries, qui peuvent aller jusqu'à 300 000 euros du kilomètre pour un simple raclage, à 1,5 million d'euros du kilomètre pour une réfection de surface en pavés. Un montant qui peut atteindre 5 à 6 millions d'euros pour une réfection totale. "À l'échelle de notre entité, il faudrait donc plusieurs dizaines de millions d'euros pour une remise en état complète du réseau", souligne l'homme fort de la Cité des Géants.
Des interventions réfléchies et planifiées
La ville d'Ath doit donc jongler entre ressources humaines, techniques et financières afin d'entretenir son réseau de voirie. Les interventions sont donc planifiées et réfléchies. "Au cours des trois dernières années, un million d'euros a été investi dans des enduisages sur une grosse vingtaine de voiries de villages. Nous avons également mené à bien des chantiers d'importance, notamment rue de Gand, rue de l'Industrie, rue de Dendre, rue de Pintamont, rue aux Gades ou encore au Pont du Moulin. Actuellement, le chantier de la rue des Récollets est en cours et, dans un avenir proche, ceux du plateau avant de la gare et de la rue Paul Pastur débuteront", détaille le bourgmestre.
D'autres voiries sont aussi programmées à moyen terme : la rue de la Poterne, la rue de l'Abbaye, le pourtour de la Grand-Place, les axes pénétrants et la rue Juste Lipse.
En attendant une intervention, une signalisation a été placée au niveau du chemin du Pilori à Bouvignies.
Afin de renforcer le "listing hebdomadaire" des points noirs et de faciliter la planification des interventions nécessaires, un nouveau logiciel sera prochainement mis en service au sein du service technique.
Autre défi : le développement racinaire
Le bourgmestre a également éclairé les conseillers sur une autre problématique : celle du développement racinaire qui soulève les pavés.
C'est notamment le cas aux abords de l'église Saint-Julien, sur certains emplacements de parking situés au pied des arbres.
"Cela constitue un défi important, que nous intégrons pleinement dans la conception de nos projets de rénovation d'envergure. À titre d'exemple, dans les rues de Gand et de Dendre, des bacs à racines ont été installés dans les fosses d'arbres afin de favoriser un développement racinaire en profondeur, plutôt qu'horizontalement sous les pavés", précise encore Florent Van Grootenbrulle.
Des interventions localisées visant à limiter les dégradations liées aux racines sont également réalisées lorsque cela est possible. Ce fut d'ailleurs le cas rue Isidore Hotton, où les arbres ont été remplacés et replantés dans des bacs à racines.
D'autres solutions ont également déjà été expérimentées, comme l'élargissement des fosses autour des arbres.
A.D.