Estaimpuis : un budget 2027 prudent, avec plus de 3,4 millions d'euros de réserves

Estaimpuis : un budget 2027 prudent, avec plus de 3,4 millions d'euros de réserves

Estaimpuis
Estaimpuis : un budget 2027 prudent, avec plus de 3,4 millions d'euros de réserves

Le conseil communal d’Estaimpuis a approuvé ce lundi soir son budget 2027. Dans un contexte incertain, la majorité mise sur la prudence et les réserves financières, tout en maintenant plusieurs investissements.

La commune d'Estaimpuis aborde 2027 avec une situation financière que la majorité qualifie de confortable. Pas question pour autant de multiplier les dépenses. Dans un contexte marqué notamment par la réforme du chômage et les incertitudes sur les financements régionaux et fédéraux, le collège communal a fait le choix de la prudence pour élaborer son budget.

Premier élément à retenir : les taxes communales ne devraient pas augmenter. Le coût-vérité lié à la collecte et au traitement des déchets ménagers reste notamment dans la fourchette autorisée, avec un taux de couverture de 96,94 %.

Au niveau du budget ordinaire, qui reprend les dépenses et les recettes nécessaires au fonctionnement quotidien de la commune, les recettes de l'exercice propre sont estimées à 21,4 millions d'euros, pour environ 20,8 millions d'euros de dépenses. La commune dégage ainsi un boni de plus de 625.000 euros pour l'année 2027.

Mais ce n'est pas le seul indicateur mis en avant par la majorité. Estaimpuis dispose également d'un matelas financier conséquent : 3,47 millions d'euros de réserves et de provisions. Cette année, plus de 416 400 euros ont été mis de côté.

Sur ce montant, 250.000 euros sont provisionnés pour faire face aux imprévus, 116.000 euros sont mis de côté pour la zone de police et 50.000 euros pour la zone de secours. Ces deux dernières provisions permettent d'anticiper de futures augmentations de leurs dotations, qui n'ont notamment pas été indexées ces dernières années. Au total, 97 000 euros ont été mis de côté pour la zone de secours et trois fois 116 000 euros pour la zone de police.

La majorité insiste également sur sa volonté de limiter l'endettement. Les investissements prévus seront financés principalement grâce aux réserves et aux moyens propres de la commune, sans nouvel emprunt inscrit au budget. L'objectif affiché est de maintenir la dette sous la barre des 10 % à l'horizon 2030.

Des investissements de proximité, mais peu de grands projets subsidiés

Du côté des investissements, plusieurs enveloppes sont prévues pour améliorer le quotidien des habitants. Parmi les principaux postes, on retrouve notamment 400.000 euros pour les voiries et la mobilité douce, 50.000 euros pour les trottoirs et 40.000 euros pour l'installation de panneaux d'information dans les villages.

La commune prévoit également de poursuivre les illuminations de Noël, d'aménager le parc d'Estaimbourg pour l'accès PMR, de rénover l'église de Bailleul ou encore d'améliorer la sécurité aux abords des écoles. Des travaux de climatisation sont également envisagés dans certains établissements scolaires. Au total, le programme d'investissements représente un peu plus de 1,26 million d'euros.

C'est justement sur le manque de projets d'envergure que l'opposition a souhaité attirer l'attention. Christine Lombart, conseillère MR, salue un budget sain et équilibré, mais estime que la commune pourrait davantage se positionner sur les projets susceptibles de bénéficier de subsides. Elle appelle notamment à anticiper les possibilités de financement et à engager une réflexion globale sur le futur énergétique du patrimoine communal.

Steve Roussel, conseiller des Engagés, partage en partie cette analyse. S'il se réjouit de retrouver plusieurs investissements concrets dans les villages et salue la gestion financière de la majorité, il regrette lui aussi le manque de projets subsidiés. Il s'interroge également sur l'utilisation de l'enveloppe du FERI, qui représente plus d'un million d'euros pour la mandature 2024-2030 et dont aucun montant n'aurait encore été utilisé.

Pour le bourgmestre Frédéric Di Lorenzo, cette prudence n'est toutefois pas synonyme de manque d'ambition. La majorité préfère actuellement mener à bien les chantiers déjà engagés et éviter de lancer de nouveaux projets importants sans connaître précisément les conséquences financières des réformes en cours. Des dossiers sont néanmoins en préparation, notamment pour l'aménagement de certaines places de village.

Un budget du CPAS sous pression face à la réforme du chômage

Le budget du CPAS a également été présenté ce lundi soir par son président, Geoffrey Vanbout. Ici aussi, l'exercice 2027 s'annonce délicat, notamment en raison de la réforme du chômage et de ses conséquences.

Le budget ordinaire prévoit environ 3,13 millions d'euros de recettes pour 3,27 millions d'euros de dépenses. Il présente donc un déficit d'environ 134.000 euros, qui sera compensé par un prélèvement dans les réserves du CPAS.

La dotation communale reste, quant à elle, inchangée à 836.298 euros. Le CPAS prévoit également de reverser 250.000 euros à la commune. Ce transfert s'inscrit dans le processus de rapprochement entre les deux administrations.

Car l'intégration progressive des services du CPAS au sein de la commune se poursuit. À partir du 1er janvier 2027, cinq agents du CPAS passeront ainsi sous statut communal. L'objectif est de mutualiser les moyens humains et matériels, de supprimer certains doublons et de réduire les frais de fonctionnement. Plusieurs services ont déjà été transférés ou supprimés.

Mais c'est surtout la réforme du chômage qui suscite des inquiétudes. Le CPAS estime qu'une centaine de personnes supplémentaires pourraient potentiellement se présenter en 2027, même si ce chiffre reste difficile à confirmer. Le nombre de bénéficiaires et les compensations financières accordées par les différents niveaux de pouvoir restent en effet incertains.

Le président du CPAS rappelle notamment que le remboursement fédéral des revenus d'intégration n'est plus systématiquement assuré à 100 % pour tous les bénéficiaires. Une partie de la charge doit donc être assumée localement. Le CPAS doit également composer avec la diminution ou la disparition de certains subsides.

Dans ce contexte, Geoffrey Vanbout entend préserver au maximum les réserves ordinaires de l'institution pour pouvoir faire face à une éventuelle augmentation des demandes d'aide sociale.


E.H.