«Il y a d'autres solutions» : la nouvelle taxe de séjour d’un euro par nuitée fait polémique à Péruwelz
La fiscalité était au cœur des débats du conseil communal de Péruwelz ce mercredi. Si l'impôt des personnes physiques et les centimes additionnels au précompte immobilier resteront inchangés en 2027, la Ville a décidé d'instaurer de nouvelles taxes, notamment sur les éoliennes et les nuitées touristiques. Cette dernière mesure a suscité de vives discussions entre la majorité et l'opposition.
Les touristes qui séjourneront à Péruwelz devront désormais s'acquitter d'une taxe d'un euro par personne et par nuitée. Une nouvelle recette estimée à 15.800 € par an pour les finances communales. Le bourgmestre Jimmy Ababio (PS) souhaite utiliser cet argent pour financer différents aménagements touristiques : installation de tables de pique-nique, remplacement de bancs au port de plaisance ou encore panneaux didactiques à proximité des monuments.
"Si on n'essaie pas d'aller chercher d'autres recettes, comment voulez-vous qu'on essaie d'éponger la problématique financière ?", interroge le bourgmestre. Selon lui, cette contribution d'un euro, supportée par les visiteurs, ne devrait pas nuire à l'attractivité touristique de l'entité.
Une taxe qui rapportera réellement combien ?
Dans l'opposition, la mesure est loin de faire l'unanimité. Julie Wits, conseillère indépendante, s'interroge sur la rentabilité réelle de cette nouvelle taxe. Entre le recensement des hébergements, le contrôle des déclarations et le suivi administratif, elle craint que les dépenses nécessaires à sa perception ne réduisent fortement les recettes annoncées.
"Quel sera finalement le rendement net de cette taxe pour la commune, après déduction de tous ces coûts ?", demande-t-elle. La conseillère redoute également que cette contribution supplémentaire décourage certains visiteurs, mais aussi les travailleurs et entrepreneurs qui séjournent dans la région pour des raisons professionnelles.
Vincent Palermo (MR/IC) partage ces inquiétudes. L'ancien bourgmestre dénonce l'accumulation des charges pour les hébergeurs, entre la taxe provinciale, l'augmentation de la TVA dans le secteur hôtelier et désormais cette nouvelle contribution communale.
Il pointe surtout le faible rendement attendu au regard du travail administratif nécessaire. Selon ses estimations, les recettes réelles pourraient se limiter à quelques milliers d'euros. "Est-ce que le jeu en vaut la chandelle pour 15.000 € brut ?", lance-t-il, demandant à la majorité de renoncer à cette mesure.
Jimmy Ababio maintient sa position. Il rappelle que plusieurs communes de Wallonie picarde appliquent déjà une taxe de séjour, parfois supérieure à celle envisagée à Péruwelz. Quant à la charge administrative, il estime que si d'autres communes parviennent à gérer cette taxe, Péruwelz doit également pouvoir le faire.
Une nouvelle taxe sur les éoliennes, mais pas d'augmentation de l'IPP
Autre nouveauté fiscale : la Ville instaure une taxe sur les éoliennes destinées à la production industrielle d'électricité. Jusqu'ici inexistante à Péruwelz, elle devrait rapporter environ 187.000 € par an. Une mesure globalement bien accueillie par le conseil communal, même si des questions ont été soulevées concernant l'utilisation de ces recettes au bénéfice des riverains des installations.
Enfin, la majorité a confirmé le maintien des taux pour 2027 de l'impôt des personnes physiques (IPP) et des centimes additionnels au précompte immobilier.
B.D.