Manifestation nationale à Bruxelles : des travailleurs de Wallonie picarde parmi les 50.000 participants
Si les rassemblements syndicaux se sont déroulés dans le calme, de violents affrontements ont éclaté aux abords de la gare Centrale.
Malgré une météo peu clémente, les manifestants ont répondu présents ce vendredi matin dans les rues de Bruxelles. Selon Bert Engelaar, président de la FGTB, quelque 50.000 personnes ont participé à cette nouvelle journée de mobilisation contre les mesures du gouvernement Arizona.
Les différents rassemblements syndicaux se sont déroulés dans une ambiance globalement calme, rythmée par plusieurs prises de parole. Quelques fumigènes et pétards ont également été utilisés, sans incident majeur dans les cortèges. Un important dispositif policier avait été déployé à plusieurs endroits stratégiques de la capitale.
La Wallonie picarde était représentée parmi les manifestants. Des travailleurs de différents secteurs ont fait le déplacement pour exprimer leur mécontentement et réclamer de meilleures conditions de travail.
"Les conditions deviennent très difficiles" pour les enseignants
Parmi les manifestants figurait notamment Sylvia Zanchetta, enseignante à Ath et affiliée à la CSC. Pour elle, cette mobilisation vise autant à défendre les enseignants que les élèves.
"Les enseignants sont dans la place parce qu'on défend nos étudiants, nos enfants, qui ont besoin d'avoir des cantines correctes, d'avoir des conditions d'étude et de travail correctes", explique-t-elle.
L'enseignante dénonce également une charge administrative devenue trop importante.
"Au niveau des enseignants, on veut être là pour eux, mais les conditions deviennent très difficiles. On est impacté par ce qu'on nous impose au niveau administratif et ça devient une surcharge qui est vraiment écrasante."
Sylvia Zanchetta appelle les responsables politiques à revoir leurs priorités budgétaires.
"J'aimerais que les politiques aient le courage de repenser vraiment le financement de Wallonie-Bruxelles Enseignement et d'arrêter de prendre là où les travailleurs sont déjà fortement impactés."
"On travaille pour payer les factures"
Autre secteur représenté dans les rues de Bruxelles : celui de l'aide à domicile. Laurie Deroeux, aide familiale à Brunehaut, a également fait le déplacement pour dénoncer des conditions de travail de plus en plus compliquées, notamment en raison du coût des déplacements.
"Je suis aide familiale sur le terrain. Il y a les frais kilométriques, l'essence qui augmente. Et puis, on ne nous entend pas. On continue à nous envoyer un peu au casse-pipe. On ne rentre plus dans nos frais et on travaille pour payer les factures", déplore-t-elle.
Pour cette travailleuse, les difficultés financières risquent aussi de peser sur un métier pourtant essentiel au maintien à domicile des personnes âgées.
"Il y a beaucoup de personnes âgées qui préfèrent rester à domicile. Moi, j'aime mon travail, mais ça commence à devenir très compliqué de remettre de l'essence. Ça revient vraiment plus cher d'aller travailler."
De violents affrontements près de la gare Centrale
Si les rassemblements syndicaux se sont déroulés sans débordement majeur, la situation a dégénéré dans les environs de la gare Centrale de Bruxelles.
Plusieurs centaines de jeunes vêtus de noir se sont rassemblés aux abords de la gare. Des projectiles, notamment des poutres en bois, des bouteilles en verre et des poubelles, ont été lancés en direction des forces de l'ordre.
Face à ces violences, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et d'un canon à eau. Des arrestations ont eu lieu.
Une nouvelle mobilisation annoncée lundi
Au-delà des situations propres à chaque profession, les manifestants dénoncent plus largement les conséquences des mesures gouvernementales sur les travailleurs et leur pouvoir d'achat.
Cette journée de vendredi ne marque pas la fin des actions syndicales. Une nouvelle mobilisation est annoncée ce lundi 12 octobre, cette fois dans les services publics. Des perturbations sont notamment attendues dans les administrations communales, les recyparcs et plusieurs autres services en Wallonie picarde.
J.C.