Pascal Douliez, vice-président de la FGTB Wallonie picarde : «C'est dans nos poches qu'on vient prendre les milliards»
Le vice-président de la FGTB Wallonie picarde était invité sur notre plateau pour évoquer les deux nouvelles journées de mobilisation ces 9 et 12 octobre.
À la veille d'une nouvelle journée de mobilisation nationale ce vendredi 9 octobre, la FGTB entend maintenir la pression sur le gouvernement fédéral. Une manifestation est organisée à Bruxelles, avant une nouvelle journée de grève dans les services publics lundi 12 octobre. Pascal Douliez, vice-président de la FGTB Wallonie picarde, était l'invité du 18h pour expliquer les revendications syndicales et les conséquences attendues de ces deux journées d'action.
Ce vendredi, une nouvelle journée de mobilisation est organisée à Bruxelles. La colère est générale ?
"Oui, nous serons en grève interprofessionnelle afin d'exprimer toute notre colère par rapport aux décisions qui ont déjà été prises et à celles qui seront prises par le gouvernement Arizona. Ce sont des décisions purement politiques et idéologiques qui ne correspondent pas à des décisions économiques qui pourraient satisfaire les gens."
Quelles sont les principales revendications ?
"Il y a notamment le projet d'augmenter la TVA et de toucher à l'indexation des salaires. C'est une double peine. La TVA est l'impôt le plus injuste qui soit par rapport à la population, car nous ne sommes pas tous égaux en matière de pouvoir d'achat. Augmenter la TVA, ne fût-ce que de 1 %, touche différemment la population selon les moyens dont elle dispose. Un pain n'a pas le même impact sur un salaire selon que l'on appartienne à la classe ouvrière ou à une classe plus aisée. Augmenter la TVA, c'est punir les personnes qui ont le moins de moyens."
"Concernant l'index, j'aime rappeler qu'il ne s'agit pas d'une augmentation salariale, mais simplement d'une adaptation du salaire au coût de la vie. Toucher à cet index, c'est toucher au pouvoir d'achat des gens, et une fois de plus, cela impacte davantage ceux qui ont le moins de moyens."
La défense du pouvoir d'achat est donc le fil conducteur de cette mobilisation ?
"Oui, effectivement. Il s'agit de défendre le pouvoir d'achat et de combattre les décisions prises par le gouvernement Arizona."
La Wallonie picarde sera-t-elle bien représentée à Bruxelles ?
"Oui, rien que pour la FBTG, nous sommes plus de 1.500 à nous rendre sur place pour manifester. Une fois de plus, la mobilisation se maintient et remporte encore un franc succès. Nous serons présents avec des manifestants venus de tout le pays. Il y aura du monde."
Quels sont les secteurs qui devraient être les plus représentés ?
"Tout le monde est impacté. Quand vous voyez le prix du carburant à la pompe et qu'on veut encore augmenter les accises en janvier, vous pensez bien que cela touche particulièrement les personnes qui travaillent à temps partiel. Je pense notamment aux aides-ménagères, dont beaucoup travaillent 18 ou 19 heures par semaine. Lorsqu'elles travaillent 18 heures, elles n'ont pas de complément de chômage. À terme, ce qu'elles devront dépenser en carburant pour aller travailler risque de leur coûter plus cher que le salaire qu'elles perçoivent."
"Les familles monoparentales sont également concernées. Quel que soit le métier, tout le monde est impacté par ces mesures gouvernementales. Tout le monde est donc concerné par cette manifestation."
Les manifestations se succèdent depuis plusieurs mois. La colère est toujours présente ?
"La colère est toujours bien présente parce qu'à chaque fois qu'il faut trouver des milliards, c'est dans nos poches qu'on vient les chercher, et pas dans celles des gens qui ont les moyens de payer. Ces décisions du gouvernement Arizona sont inéquitables."
Une autre journée de grève est annoncée ce lundi 12 octobre.
"Nous serons tous en grève ce lundi pour dénoncer le fait que les services publics sont attaqués, encore plus que le secteur privé. Que ce soit par rapport aux pensions ou au manque de moyens, qui est récurrent depuis plus de trente ans. Il faut vraiment passer à l'action pour dénoncer tout cela."
Quelles perturbations faut-il prévoir lundi ?
"Il y aura notamment des perturbations dans les administrations communales, les recyparcs et les trains, qui ne circuleront pas lundi. Il y aura également beaucoup de mobilisation dans le monde judiciaire et les voies navigables seront à l'arrêt."