Comines-Warneton : les plaques UNESCO dévoilées au Mémorial de Ploegsteert
Ce jeudi, la Ville de Comines-Warneton et la Commonwealth War Graves Commission ont dévoilé au Mémorial de Ploegsteert les plaques UNESCO de huit sites de la Grande Guerre, en présence des écoles et de représentants de nations autrefois ennemies.
La cérémonie s'est tenue au pied du Mémorial de Ploegsteert, sous un Last Post spécial. Un moment rare : Comines-Warneton compte à elle seule 8 des 16 sites wallons inscrits en 2023 au patrimoine mondial, dans la série des sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale.
Outre le Mémorial, il s'agit de Berks Cemetery Extension, Hyde Park Corner, Strand Military Cemetery, Mud Corner, Prowse Point, Toronto Avenue, Ploegsteert Wood et Rifle House, tous situés autour du Bois de Ploegsteert.
"On ne dévoile pas souvent des plaques UNESCO", sourit Alice Leeuwerck. "C'est un grand moment pour moi et pour toute la commune." Elle a tenu à remercier les enseignants venus avec de nombreuses classes.
Plus qu'un label
Pour Yves Rouyet, président de la Commission belge de l'UNESCO, cette reconnaissance va bien au-delà d'un "super label du patrimoine". Née pendant la Seconde Guerre mondiale, l'UNESCO vise à "réconcilier les peuples et promouvoir la paix" à travers l'éducation, les sciences et la culture.
Monter un dossier commun avec les anciens belligérants permet de découvrir leur culture et de les réhumaniser : "L'ennemi, qui était vu comme un diable, redevient un être humain." Pour lui, "le processus est quasiment aussi important que la reconnaissance".
Ce processus a été long, confirme la bourgmestre : "C'est historique d'avoir autant de sites dans le même dossier." Un travail mené entre la France, la Flandre et la Wallonie, "et ce n'est jamais facile quand on traverse une frontière".
Un devoir de mémoire
"Une fois reconnu, on est fier, mais on a aussi une immense responsabilité : faire vivre le patrimoine, notamment avec les enfants", insiste Yves Rouyet. Pour Alice Leeuwerck, "avoir ce label UNESCO, c'est un devoir" envers les futures générations.
Aux côtés des Britanniques, Canadiens, Australiens, Néo-Zélandais et Français, l'Allemagne était présente, tout comme l'ambassadeur d'Irlande. "Je tenais personnellement à ce que l'Allemagne soit là", confie la bourgmestre. "C'est une belle marque de paix."
Yves Rouyet rappelle enfin que des soldats venus de Chine ou d'Afrique sont aussi tombés ici, "qu'on oublie souvent". Se souvenir de leur histoire aide, selon lui, à faire tomber "des barrières de racisme".
Théo Defranne