Leuze : « Vos propos sont diffamatoires » Christine Delcroix répond à Hervé Cornillie dans la polémique du chemin de sa ferme
Une réparation effectuée par la commune sur le chemin menant à la ferme de la Warde provoque la polémique à Leuze.
Tout est parti d’un post Facebook de sa propriétaire, la conseillère communale Ecolo Christine Delcroix, et d’un commentaire du bourgmestre Hervé Cornillie (MR) contestant le caractère public du chemin. Une sortie à laquelle Christine Delcroix répond désormais par une lettre ouverte. À l'origine de la polémique, il y a donc des travaux réalisés par les services communaux sur le chemin qui permet notamment d'accéder à la ferme de la Warde. Un chemin dont le statut est aujourd'hui au coeur des discussions.
Après l'intervention de la commune, Christine Delcroix avait publié un message sur Facebook pour remercier les services communaux. C'est sous cette publication que le bourgmestre Hervé Cornillie est intervenu publiquement.
Comme l'ont relaté nos confrères de L'Avenir et de Nord Éclair, le bourgmestre estime que cette intervention pose question, le chemin ne figurant pas, selon lui, parmi les voiries communales. Il a également pointé la responsabilité de son propre échevin des Travaux, Dany Garbin, dans la réalisation de ces travaux.
Une situation qui fait apparaître au grand jour des tensions au sein même du MR leuzois entre le bourgmestre et son échevin.
Christine Delcroix dénonce des accusations de "privilège"
Propriétaire de la ferme desservie par le chemin et conseillère communale Ecolo dans l'opposition, Christine Delcroix a décidé de répondre publiquement au bourgmestre dans une lettre ouverte.
Elle réagit directement au commentaire publié par Hervé Cornillie sous son post Facebook.
"Vous affirmez publiquement que ce chemin serait privé et que son entretien par les services communaux serait le résultat d'un prétendu "privilège" que l'échevin des Travaux Dany Garbin m'aurait accordé", écrit-elle.
Christine Delcroix estime que le bourgmestre ne se contente pas de poser la question du statut juridique du chemin mais met en cause son intégrité et celle de Dany Garbin.
"Vous accusez publiquement un membre de votre Collège d'avoir utilisé les moyens de la commune à des fins personnelles et vous m'accusez, par la même occasion, d'avoir bénéficié de ce prétendu traitement de faveur."
Des propos qu'elle qualifie de "diffamatoires".
"La commune le traite comme une voie publique depuis des décennies"
Sur le fond du dossier, Christine Delcroix conteste également l'idée selon laquelle la commune n'aurait pas à intervenir sur ce chemin.
Elle avance plusieurs éléments. Selon elle, les services communaux assurent son entretien depuis près de 50 ans, notamment pour la fauche et le déneigement, et y ont déjà effectué plusieurs réparations. Elle souligne également la présence d'une signalisation routière, d'un panneau de rue et de marquages au sol.
La conseillère communale affirme aussi disposer d'un ancien courrier communal autorisant l'installation de panneaux le long du chemin. Elle ajoute qu'une traversée cyclable y aboutit et qu'une partie de l'itinéraire est aujourd'hui reprise dans le réseau cyclable des points-noeuds.
Autre argument avancé par Christine Delcroix : la commune aurait déjà entretenu ce chemin entre 2012 et 2015, période durant laquelle Hervé Cornillie était lui-même échevin des Travaux.
Un chemin absent de l'atlas des voiries
Le noeud du dossier reste donc le statut juridique du chemin. Son absence de l'atlas des voiries communales constitue l'un des éléments avancés pour considérer qu'il ne s'agit pas d'une voirie communale.
Christine Delcroix estime de son côté que cette absence ne suffit pas à trancher la question au regard de ce qu'elle présente comme plusieurs décennies d'entretien et d'aménagements réalisés par la commune. Elle invoque également le principe de prescription acquisitive pour défendre sa position.
Elle rappelle enfin l'histoire particulière des lieux. Dans les années 1970, explique-t-elle, la ferme a perdu plusieurs hectares lors de la construction de la N60. Avant ces travaux, elle était raccordée à l'ancienne route reliant Leuze à Frasnes.
Une clarification juridique demandée
Au-delà du statut du chemin, c'est aussi la manière dont la polémique a éclaté que dénonce Christine Delcroix. Elle reproche au bourgmestre d'avoir choisi un commentaire Facebook pour mettre publiquement en cause l'intervention communale plutôt que de traiter d'abord la question par les voies administratives.
"Un débat sur le statut juridique d'un chemin peut parfaitement avoir lieu. Il peut être documenté, contradictoire et traité dans le cadre administratif approprié", écrit-elle.
La conseillère communale demande désormais "une clarification circonstanciée et juridique du statut du chemin".
Une clarification qui apparaît d'autant plus nécessaire que la polémique dépasse désormais la simple question de l'entretien d'une voirie. Partie d'un échange sur Facebook, elle met également en lumière un différend entre le bourgmestre Hervé Cornillie et son échevin des Travaux Dany Garbin, tous deux MR.
E.H.