Ath : le plan fraîcheur proposé par Ecolo rejeté par la majorité
La conseillère Esther Ingabire souhaitait renforcer les mesures face aux épisodes de chaleur. La majorité estime que les actions proposées figurent déjà dans le Plan stratégique transversal (PST).
La question de l'adaptation d'Ath aux épisodes de chaleur s'est invitée au conseil communal. La conseillère Ecolo Esther Ingabire avait ajouté un point à l'ordre du jour afin de proposer l'adoption d'un " plan fraîcheur canicule ". Une proposition qu'elle présente comme complémentaire au plan d'action en faveur de l'énergie et du climat, adopté par le conseil communal en avril 2022.
Le plan proposé repose principalement sur trois axes : la végétalisation de l'espace public, les services aux personnes et la création d'îlots de fraîcheur. " Parmi les mesures proposées dans ce plan, on retrouve notamment l'adaptation des horaires pour les écoles et le personnel communal, la création d'un service de vigilance pour les personnes les plus vulnérables, la brumisation de la Grand-Place, la création de zones de baignade sécurisées ou encore la réalisation d'une cartographie des îlots de fraîcheur comme les lieux publics accessibles au public ", détaille la conseillère d'opposition.
Esther Ingabire souhaite également développer la végétalisation des cours d'école, imposer davantage de végétalisation dans les nouvelles constructions et promouvoir le " permis de végétaliser ".
Rappelant que la ville d'Ath adhère depuis 2015 à la Convention des Maires, l'élue Ecolo rappelle aussi l'importance d'agir au niveau local. " Le niveau local est le lieu par excellence de la pédagogie et du partenariat avec les citoyens, y compris les plus jeunes. Donc, je suis convaincue que c'est une alliance des volontés du niveau local au niveau global, qui portera ses fruits dans la lutte contre le dérèglement climatique et que cela aura des effets positifs pour nos citoyens et leur qualité de vie ", a-t-elle expliqué.
La majorité renvoie au PST
Si, de son côté, la majorité (PS-MR.@th) souligne l'intérêt de la démarche, elle estime cependant que la plupart des mesures proposées sont déjà intégrées dans le Plan stratégique transversal de la commune. " Le document prévoit notamment le développement d'îlots de fraîcheur, l'installation de fontaines à eau potable, la végétalisation de l'espace public, le soutien à la végétalisation par les citoyens et la protection des publics vulnérables ainsi que plusieurs mesures destinées au renforcement de la résilience climatique du territoire ", note Jessy Keldermans (PS), échevin en charge du suivi du PST.
L'échevin met par ailleurs en garde contre certaines propositions, notamment la création de zones de baignade. " Les carrières de Maffle ne peuvent pas être un endroit de baignade ", rétorque-t-il, évoquant les problèmes de sécurité, de surveillance, de propreté ou encore de santé publique.
L'échevin insiste aussi sur le fait qu'il serait dommageable d'adopter un nouveau plan. " Le PST n'est pas une photocopie de l'actualité du moment. C'est une boussole stratégique qui est construite pour plusieurs années après un important travail de réflexion et de priorisation. Sa force réside précisément dans sa stabilité et dans sa capacité à donner une directive cohérente à l'action publique. Il ne serait ni souhaitable ni réaliste de modifier l'architecture stratégique à chaque nouvelle proposition, même lorsque celle-ci est animée d'une bonne intention ", a-t-il insisté.
Le président du CPAS, Dany Vandenbrande (PS), a aussi profité de l'occasion pour détailler les mesures déjà mises en oeuvre lors des épisodes de fortes chaleurs, comme l'activation du plan canicule chaque été, un contact vers les personnes identifiées comme fragiles, les tarifs réduits à la piscine d'Ath ou encore une organisation plus flexible dans les écoles permettant aux parents qui le souhaitaient de reprendre leurs enfants plus tôt.
Des réponses qui n'ont cependant pas convaincu la conseillère Esther Ingabire. " Certaines propositions dans le PST sont marquées comme étudiées ou envisagées. Moi, j'ai envie plutôt que ce soit gravé dans le marbre et pas juste des études de faisabilité ", martèle la conseillère Ecolo.
" Il y a quand même urgence "
Du côté de l'opposition, le conseiller PTB Thierry Despretz a annoncé soutenir la proposition d'Esther Ingabire. Pour lui, l'enjeu est notamment d'accélérer la mise en oeuvre de certaines mesures prévues dans le PST. Le conseiller de l'opposition évoque notamment les 3000 morts supplémentaires suite aux fortes chaleurs. " Bien sûr que tout est dans le PST, enfin presque tout. Mais là, il y a quand même une urgence ", estime-t-il.
Stéphane Delfosse, de La Liste athoise, s'est également prononcé en faveur de la démarche. Il estime que la proposition pourrait permettre d'ouvrir des pistes de réflexion supplémentaires et appelle l'exécutif à travailler collectivement sur certaines mesures. " Au lieu de dire : votre proposition est bonne, mais on ne saura pas la mettre en oeuvre tout de suite, est-ce qu'il n'y a pas moyen de travailler ensemble pour essayer d'ouvrir quelques pistes de réflexion ? ", a-t-il lancé.
Fernand Quintin, pour Les Engagés, s'est montré favorable sur le fond, tout en soulignant les contraintes financières auxquelles la commune doit faire face. Il estime notamment qu'il serait intéressant de budgétiser les différentes mesures afin de les hiérarchiser en fonction des priorités.
Ce qui coût le plus cher, c'est l'inaction
La conseillère Ecolo insiste enfin sur l'urgence climatique et les conséquences potentielles de l'inaction. " Le climat change, les effets s'aggravent et, en fait, ce qui coûte le plus cher, c'est l'inaction ", affirme-t-elle.
La majorité a finalement voté contre la proposition, Ecolo et PTB ont voté pour tandis que Les Engagés et La Liste athoise se sont abstenus. La proposition n'a donc pas été adoptée.
A.D.