Ducasse d’Ath : voici le texte du bonimée pour comprendre le dialogue entre David et Goliath
Avant de tenter de terrasser Goliath, le berger David doit relever un premier défi : réciter le bonimée face au géant philistin. Un dialogue en vieux français dont certaines phrases peuvent être difficiles à comprendre. Voici le texte pour pouvoir suivre ce moment incontournable du samedi de Ducasse.
C'est l'un des instants où la Grand-Place d'Ath se fait soudainement silencieuse. Après les Vêpres et le retour de Monsieur et Madame Goliath devant l'Hôtel de Ville, le jeune berger David se retrouve seul face au géant philistin.
Avant le lancer qui décidera de l'issue du combat, les deux adversaires commencent par s'affronter avec les mots. Ce dialogue traditionnel porte à Ath le nom de bonimée, une déformation du mot " boniment ".
Le berger récite ses répliques tandis qu'un porteur caché dans le panier prête sa voix à Goliath. Un exercice loin d'être évident pour l'enfant qui doit mémoriser un texte ancien devant plusieurs milliers de personnes. Au fil des générations, le bonimée s'est transmis oralement et certaines de ses formulations ont d'ailleurs été progressivement transformées.
Une fois le dialogue terminé, place au geste que tous les Athois attendent. David lance une petite balle en direction du " regard " de Goliath, la petite ouverture pratiquée dans le panier qui permet au porteur de voir devant lui.
Cette année, c'est Tom Dubois, 8 ans, qui endosse le costume du berger David.
Le Bonimée en intégralité
GOLIATH
Pied d'haut, assuré chien,
Que veux-tu me poursuivre,
Une pierre à la main ?
Es-tu donc las de vivre ?
Jeune sot, petit tamareau,
Tu ne porteras plus
Ton flambeau, ni mon bau.
Ta tête sera foulée ;
Tes yeux de lion,
Tes oiseaux cajolés
Assurent mes frions.
DAVID
Approche seulement,
Ennemi des Hébreux,
Le mutin affronté ;
Tu jases contre Dieu !
L'avantage est pour moi :
J'ai pour escorte
Un Dieu toujours vainqueur,
Sa main justement forte.
GOLIATH
Quand Dieu tendrait son arc,
Et moi desur la terre,
Te livré-jou la guerre ?
Non pas à toi, petit objet.
Quand tu saurais un Dieu,
Avec autant de pages,
Oserais-tu me combattre
Avec tant d'avantages ?
DAVID
Ah ! blasphème ! tu en seras puni :
Un Dieu qui se pique,
Couronné de bonheur,
Ne peut rien souffrir
Contre son sang et son honneur.
Ah ! Seigneur ! donnez-moi
La force et la puissance !
De mon bras
Que j'en tire la vengeance !
(David lance alors sa balle en direction de Goliath.)
Il en a le vilain !
Il est mis en ce lieu ;
Il a sentu la main de Dieu !
GOLIATH
Je n'sus nieu co mort !
" Je n'sus nieu co mort ! "
Cette dernière réplique est probablement la plus connue du bonimée. Que David réussisse ou non son lancer, Goliath rappelle ainsi qu'il est toujours bien vivant.
Si la balle entre dans l'ouverture du panier, David est déclaré vainqueur. Monsieur et Madame Goliath offrent alors au public un Grand Gouyasse supplémentaire. En 2025, Tom Sauvage avait réussi son lancer après avoir échoué l'année précédente.
Mais bien avant de savoir qui remportera le combat, le bonimée reste un défi en soi. Derrière ses mots parfois devenus difficiles à saisir se perpétue l'un des plus anciens éléments du folklore athois.
Le combat entre David et Goliath est à suivre ce samedi en direct vers 17h30 sur notélé et sur notélé.be.
J.C.