Faillite de Flaurea Chemicals : la situation environnementale du site continue d’inquiéter
Interpellé en commission au Parlement wallon par le député régional Bruno Lefèbvre, le ministre wallon de l’Environnement a détaillé les démarches entreprises par la Région afin d’assurer la sécurisation du site et de faire respecter les obligations environnementales.
Après la faillite de l'entreprise chimique Flaurea Chemicals à Ath en février dernier, la situation du site reste au coeur des préoccupations. Lors de la commission de la Santé, de l'Environnement et de l'Action sociale qui s'est déroulée au Parlement wallon ce lundi, le député régional Bruno Lefèbvre (PS) a interpellé une nouvelle fois le ministre de l'Environnement, Yves Coppieters (Les Engagés), sur la sécurisation du site et les responsabilités liées à sa dépollution.
Alors qu'en avril dernier, le conseiller d'opposition Samuel Pierquin (Les Engagés) tirait la sonnette d'alarme quant à des problèmes de sécurité sur le site, notamment en raison de l'entreposage de cubes d'acides usagés et des risques liés aux bassins d'orage, l'inquiétude est encore palpable. Bruno Lefèbvre a d'ailleurs rappelé les menaces qui pèsent toujours sur le site. " Il semble d'abord qu'un débordement de la station d'épuration soit constaté. Il reste également sur le site bon nombre de produits SEVESO (explosifs, chlorure, ) dans un hangar ", détaille le député, réclamant une surveillance accrue.
Des obligations rappelées aux curateurs
En réponse, le ministre Coppieters a tenu à préciser que quatre départements régionaux Sols et Déchets, Permis et Autorisations, Police et Contrôles, et Environnement et Eau coordonnent leurs interventions via des réunions régulières. " Une réunion s'est tenue le 27 mai dernier entre les services régionaux concernés et les curateurs ", a expliqué le ministre, précisant qu'un courrier a été adressé à ces derniers le 8 juin pour leur rappeler trois obligations majeures : la sécurisation du site (incluant la station d'épuration), l'évacuation prioritaire des déchets dangereux et le dépôt d'une étude d'orientation des sols, a-t-il encore précisé.
Le ministre a toutefois révélé qu'entre-temps, les curateurs avaient remis les clés du site, début juin, à l'Immobilière de Blachou, propriétaire des lieux. Une information d'abord transmise par le service Environnement de la Ville d'Ath, puis officiellement confirmée par les curateurs.
Autre élément préoccupant : " Le Département de la Police et des Contrôles n'a toutefois pas été informé d'un éventuel débordement de la station d'épuration, comme l'imposent les dispositions du décret relatif au permis d'environnement ", a souligné Yves Coppieters.
Qui paiera la facture ?
Par ailleurs, l'application du principe du " pollueur-payeur " dans ce dossier semble être un véritable sac de noeuds. Pour l'instant, un bras de fer semble s'engager entre la curatelle et le propriétaire du terrain, l'Immobilière de Blachou. Selon Yves Coppieters, " il ressort des écrits des curateurs qu'ils entendent faire supporter l'ensemble des obligations environnementales à l'Immobilière de Blachou, et ce, sans toutefois établir que la masse serait dans l'impossibilité de faire face à ces dépenses, comme le prévoit la législation. " Le ministre a également précisé que les curateurs s'étaient limités à solliciter les devis nécessaires.
Actuellement, l'Immobilière de Blachou maintient une activité minimale sur le site avec trois employés, dont un dédié à la station d'épuration, afin d'éviter l'abandon pur et simple des installations. Le ministre a également révélé qu'une proposition de la Ville d'Ath de racheter le site pour l'euro symbolique avait été déclinée par le propriétaire.
Sur le plan légal, le ministre se veut ferme : " Le principe du pollueur-payeur reste d'application. Le décret prévoit qu'en cas de faillite, l'étude d'orientation et les obligations qui en découlent doivent être initiées par le curateur pour le compte de la masse. " De plus, le décret Déchets permet d'imposer la remise en état du site aux détenteurs des déchets ou à toute personne ayant participé à une gestion irrégulière.
Le ministre a également précisé qu'un nouveau courrier serait transmis à l'Immobilière de Blachou et qu'une visite du site serait réalisée.
A.D.