Ramegnies-Chin : l’ancien couvent des Sœurs de Saint-André va devenir un tiers-lieu
Après le départ historique des Sœurs de Saint-André, leur ancien siège de Ramegnies-Chin s’apprête à connaître une nouvelle vie. L’ASBL Communa va y développer pendant deux ans un tiers-lieu mêlant hébergement temporaire, projets associatifs, culturels, citoyens et espaces de création.
Après près de huit siècles de présence dans la région tournaisienne, les Soeurs de Saint-André ont quitté leur siège de Ramegnies-Chin pour rejoindre Bruxelles. Quelques semaines plus tard, l'avenir du vaste bâtiment se précise. L'ASBL Communa annonce sur ses réseaux sociaux l'ouverture prochaine de son premier lieu en Wallonie dans cet ancien couvent voisin de l'école Saint-André.
Installée à Ramegnies-Chin depuis 1952, après le bombardement de ses bâtiments historiques de la rue du Château à Tournai, la communauté religieuse occupait un complexe devenu trop grand pour ses besoins : plus de 6.000 mètres carrés, trois étages, une soixantaine de chambres et seulement sept soeurs pour assurer le fonctionnement quotidien. Le déménagement marquait donc la fin d'un chapitre important, mais les religieuses espéraient voir le site conserver son caractère vivant, tout en préservant son environnement, notamment le bois voisin.
C'est précisément dans cet esprit que Communa souhaite investir les lieux. L'ASBL bruxelloise, active depuis plus de dix ans dans l'occupation temporaire de bâtiments vides, y développera pendant deux ans un tiers-lieu mêlant hébergement temporaire et activités diverses. Un lieu où pourront se rencontrer des personnes en situation de précarité, des porteureuses de projets, des artistes, des artisanes et des associations, explique Communa dans son annonce.
Le projet n'en est encore qu'à ses débuts. L'été sera consacré à préparer l'ouverture du site, à recruter une équipe locale et à imaginer les usages qui prendront progressivement place dans le bâtiment. Communa évoque 70 à 80 espaces à investir, entre chambres, espaces de travail et espaces communs, mais aussi un parc et un bois.
Rien n'est encore arrêté, mais plusieurs pistes sont déjà envisagées : initiatives associatives, sociales, culturelles, citoyennes ou entrepreneuriales, hébergements temporaires, résidences artistiques, espaces de création, activités de production légère comme l'horticulture, l'apiculture ou la culture de champignons, ainsi que des projets en lien avec les écoles voisines.
L'arrivée de Communa ne concerne donc pas seulement la réaffectation d'un bâtiment vide. Elle s'inscrit aussi dans la continuité d'un lieu chargé d'histoire. Le départ des Soeurs de Saint-André s'accompagnait déjà d'un autre enjeu patrimonial : leur importante collection archéologique, constituée notamment grâce au travail de Soeur Marie-Thérèse Lacroix, doit rester à Tournai. Un projet de nouveau musée est prévu en face de l'église Saint-Piat afin de valoriser ces collections liées à l'histoire de la congrégation.
Pour Communa, le futur tiers-lieu devra se construire avec le territoire. L'ASBL dit vouloir travailler en complémentarité des acteurs déjà présents et des initiatives existantes.
R.R.