Tournai : les soeurs de Saint-André s'en vont, pas leur héritage archéologique
La communauté religieuse quittera dans les prochains jours son siège de Ramegnies-Chin pour s'installer à Bruxelles. Un départ historique qui s'accompagne d'un projet de valorisation de son riche patrimoine archéologique.
C'est la fin d'un chapitre vieux de près de huit siècles entre les Soeurs de Saint-André et la cité des cinq clochers. Dans les prochains jours, la communauté religieuse quittera son imposant siège de Ramegnies-Chin pour s'installer à Bruxelles, mettant ainsi un terme à 795 années de présence dans la région.
Installées à Ramegnies-Chin depuis 1952, après le bombardement de leurs bâtiments historiques situés rue du Château à Tournai, les religieuses occupent aujourd'hui un complexe devenu trop vaste pour leurs besoins. Plus de 6.000 mètres carrés, trois étages, une soixantaine de chambres et seulement sept soeurs pour assurer le fonctionnement quotidien : une situation devenue difficile à maintenir.
« On ne peut plus aujourd'hui gérer, même financièrement, un bâtiment de cette taille-là », explique Soeur Agnès Garnier, supérieure générale de la congrégation. « La congrégation s'est beaucoup internationalisée et nous souhaitions vivre davantage au milieu des gens. C'est ce qui a motivé notre choix de rejoindre Bruxelles. »
Une nouvelle vie pour le bâtiment
Le vaste ensemble immobilier, voisin de l'école Saint-André, a trouvé preneur. Un compromis de vente a été signé avec un développeur immobilier qui devra encore obtenir les autorisations nécessaires pour concrétiser son projet.
Les religieuses espèrent que le site conservera son caractère vivant tout en préservant son environnement immédiat, notamment le bois voisin et la proximité avec l'établissement scolaire.
Si le déménagement marque une rupture importante, les soeurs assurent l'aborder avec sérénité. « Ce n'est pas un départ par nostalgie, mais un départ pour plus de vie », résume Soeur Agnès Garnier.
Un patrimoine exceptionnel bientôt mis en valeur
L'autre enjeu majeur de ce déménagement concerne l'impressionnante collection archéologique constituée au fil des décennies grâce au travail de Soeur Marie-Thérèse Lacroix, passionnée d'archéologie.
Cette collection est issue des fouilles menées à partir de 1964 sur le site historique de la congrégation, en face de l'église Saint-Nicolas à Tournai. Les archéologues y ont mis au jour sept niveaux successifs d'occupation.
Parmi les découvertes les plus emblématiques figure un foyer datant du XIIIe siècle, considéré comme le symbole des origines de la communauté. Selon la tradition, les premières soeurs y accueillaient les pèlerins de passage dès 1231.
Les religieuses ont choisi de laisser ce patrimoine à Tournai. Le projet prévoit l'installation d'un nouveau musée en face de l'église Saint-Piat. L'objectif est de proposer une présentation modernisée, adaptée aux attentes du public actuel tout en conservant la richesse historique des collections.
A découvrir lors des Journées européennes de l'Archéologie
En attendant, une visite virtuelle du musée de Saint-André sera proposée ce samedi à 13h30 et 16h30 à l'Office du Tourisme de Tournai dans le cadre des Journées européennes de l'Archéologie. A 15h, une conférence "Une figure féminine atypique de l'archéologie des années 1960 : soeur Marie-Thérèse Lacroix et les fouilles de Saint-André à Tournai" sera présentée par Florian Mariage et Christel Henry. À 16h, Soeur Agnès Garnier et Elina Noris dévoileront le projet de musée de Saint-Piat.
J.C.