Mouscron gagne des habitants, Tournai recule légèrement : la Wallonie picarde face à des réalités contrastées
La Province de Hainaut a sorti sa brochure 2026 « Le Hainaut en cartes et en chiffres. »
Hainaut Développement a publié l'édition 2026 de sa brochure socio-économique. Plusieurs constats peuvent donc être faits concernant la Wallonie picarde.
Niveau démographie
La Wallonie picarde ne suit pas une seule et même trajectoire démographique. Si Mouscron continue d'attirer de nouveaux habitants, Tournai enregistre, elle, une légère baisse de sa population. Contrairement à Mouscron, dont la croissance se poursuit grâce à sa proximité avec la métropole lilloise et la Flandre, la cité des Cinq Clochers voit sa population légèrement diminuer depuis 2016, notamment en raison de son vieillissement. Cette évolution s'inscrit dans une tendance plus large. En Hainaut, le solde naturel est négatif depuis plusieurs années : les décès sont plus nombreux que les naissances. Si la population continue malgré tout d'augmenter à l'échelle provinciale, c'est essentiellement grâce aux mouvements migratoires. Entre 2016 et 2026, Antoing a perdu 2,8% de sa population alors qu'Enghien a gagné 9%.
Niveau logement
Autre enseignement du rapport : la Wallonie picarde confirme son attractivité résidentielle. Dans des communes comme Mont-de-l'Enclus ou encore Silly, le prix médian d'une maison dépasse désormais les 300.000 euros, parmi les niveaux les plus élevés de la province. Le phénomène s'explique par un cadre de vie recherché et des prix qui restent plus abordables que dans le Brabant wallon ou le Brabant flamand.
De plus, le nombre de ménages privés est en augmentation de 5% dans le Hainaut. Chez nous, cela concerne principalement Enghien avec 13%.
Niveau qualité de vie
La brochure fait également le point sur le niveau de vie des citoyens. Le revenu annuel médian par déclaration s'élevait à près de 27 000€ dans le Hainaut. En Wallonie picarde, les chiffres sont plutôt bons surtout du côté de Frasnes-lez-Anvaing, Ellezelles, Mont-de-l'Enclus ou encore Enghien. Une hausse particulière est à signaliser à Silly où le chiffre monte à plus de 33 000€.
Niveau économie
Sur le plan économique, la région continue également de tirer son épingle du jeu. L'agroalimentaire demeure le principal secteur industriel du Hainaut et reste fortement implanté en Wallonie picarde, notamment à Mouscron, mais aussi à Leuze-en-Hainaut et Comines-Warneton.
Tournai, Mouscron et Ath figurent parmi les six principaux pôles d'emploi de la province. À elles seules, avec Charleroi, Mons et La Louvière, ces communes concentrent plus de la moitié des emplois hainuyers, confirmant le poids économique de la Wallonie picarde dans le paysage provincial. Il faut cependant nuancer cette donnée puisque le taux d'emploi, à savoir la proportion de personnes en âge de travailler au sein d'une commune et qui occupe effectivement un emploi, n'est pas forcément plus élevé dans ces trois villes. Tournai enregistre même un des plus bas score de la Wallonie picarde. A Ellezelles, Frasnes-lez-Anvaing ou encore Mont-de-l'Enclus, le taux d'emploi est élevé.
Niveau environnement
Le rapport souligne également les enjeux environnementaux auxquels le Hainaut est confronté. En 2023, 15,1 % du territoire provincial était artificialisé, soit une proportion supérieure à la moyenne wallonne. Après un ralentissement, le rythme d'artificialisation est reparti légèrement à la hausse depuis la crise sanitaire. À Mouscron, l'artificialisation des sols représentait 45,5% du territoire à Mouscron.
Cette évolution concerne particulièrement les communes rurales, dont plusieurs en Wallonie picarde. L'attractivité résidentielle et la disponibilité de terrains favorisent la construction de nouveaux logements, souvent au détriment des terres agricoles. Le rapport cite notamment le Pays des Collines comme l'un des territoires où cette pression foncière est la plus visible.
Pour atteindre l'objectif européen de zéro artificialisation nette d'ici 2050, les auteurs préconisent de privilégier la rénovation du bâti existant et la reconversion des friches industrielles plutôt que l'urbanisation de nouveaux terrains. Le Hainaut dispose d'ailleurs d'un important potentiel en la matière, avec la plus forte proportion de sites à réaménager de Wallonie.
E.H.