« Il y avait moyen de faire des économies à d'autres endroits » : Jean-Pierre Bourdeaud'huy critique la suppression des conseils de police
Alors que la réforme de Bernard Quintin prévoit la suppression des conseils de police, le président de zone Jean-Pierre Bourdeaud'huy souhaite maintenir des moments d'échange avec les élus, sans rémunération cette fois.
La réforme des zones de police voulue par le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin continue de faire réagir les élus locaux. Au Val de l'Escaut, le sujet a occupé une place importante lors du conseil de police de ce lundi, qui pourrait être l'un des derniers organisés sous cette forme.
Parmi les mesures prévues figure notamment la suppression des conseils de police, ces assemblées qui réunissent des représentants des communes de la zone afin d'être informés du fonctionnement du corps de police et de participer à certaines décisions.
Ce lundi soir, les conseillers de la zone de police du Val de l'Escaut - qui est composée des communes de Pecq, Estaimpuis, Mont-de-l'Enclus et Celles - étaient réunis pour la toute dernière fois. Pour Jean-Pierre Bourdeaud'huy, bourgmestre de Mont-de-l'Enclus et président de la zone de police , cette disparition représente une perte importante pour les mandataires locaux.
Selon lui, la réforme risque d'éloigner davantage les élus des réalités de terrain. "Demain, on n'aura plus de conseils de police. Les conseillers vont perdre des informations ô combien importantes. Maintenant, les décisions seront prises par le collège de police, sans collégialité avec vous."
Des réunions maintenues malgré la fin des conseils
Face à cette disparition annoncée, la zone de police du Val de l'Escaut entend toutefois conserver un espace d'échange avec les élus des communes concernées. "On maintiendra des réunions où vous serez invités car vous méritez d'avoir ces informations", a assuré Jean-Pierre Bourdeaud'huy.
Une à deux réunions d'information devraient ainsi être organisées chaque année afin de permettre aux conseillers de rester informés de l'activité de la zone. Une manière aussi, selon le président, de répondre à certaines critiques qui ont accompagné la réforme. "Évidemment, il n'y aura plus de jetons de présence. On veut montrer au ministre qu'on n'était pas des pickpockets mais qu'on faisait ça sans penser à l'argent."
Des économies jugées marginales
Le gouvernement fédéral justifie notamment cette réforme par une volonté de simplifier le fonctionnement des zones de police et de réaliser des économies. Un argument qui ne convainc pas le président de la zone. "Pour notre zone, c'est une économie de 5.000 euros alors que notre budget est de 7,5 millions d'euros. Je ne peux absolument pas partager ce point de vue. Il y avait moyen de faire des économies à d'autres endroits."
L'inquiétude des petites zones
Au-delà de la disparition des conseils de police, c'est surtout l'avenir des petites zones qui suscite des inquiétudes. Le ministre Bernard Quintin a en effet affiché sa volonté de poursuivre la rationalisation du paysage policier belge, avec un nombre de zones qui pourrait être réduit dans les prochaines années. "Nous avons rencontré le ministre Quintin et clairement, nous sentons que le futur de notre zone est en danger", estime Jean-Pierre Bourdeaud'huy.
Le président du Val de l'Escaut craint notamment que les futures règles de financement ne pénalisent les zones rurales. "Le ministre dit que les fusions seront volontaires, mais que la dotation fédérale sera faite selon le nombre d'interventions réalisées sur l'année. On risque de voir nos dotations chuter et cela aura un impact sur les finances de nos communes."
Pour la zone du Val de l'Escaut, composée de communes de taille modeste, une éventuelle fusion pourrait également poser la question de la représentation locale. "Si on est lié à une grande ville, l'intérêt n'ira que vers la grande ville", prévient-il.
Autant d'interrogations qui restent aujourd'hui sans réponse, alors que la réforme portée par le ministre de l'Intérieur poursuit son parcours au niveau fédéral.
R.R.