Barry : un projet de quinze logements crispe le PS au conseil communal de Tournai
Entre crainte d’inondations, saturation des infrastructures et défense du caractère rural du village, le projet immobilier prévu à Barry a provoqué de riches échanges lundi soir au conseil communal de Tournai.
Ce lundi soir, le conseil communal de Tournai devait officiellement se prononcer sur la création d'une voirie et l'implantation d'une cabine électrique en vue d'un futur lotissement à Barry, entre la rue Professeur Delcampe et la rue de l'abbé Louis Lezaire. Mais derrière cet aspect technique se profile un projet immobilier de quinze habitations unifamiliales qui suscite déjà de fortes inquiétudes chez plusieurs riverains.
Dès l'ouverture des débats, la conseillère communale socialiste Emeline Petit a donné le ton. "Ce dossier dépasse largement une simple modification de voirie. Il pose la question de la manière dont nous voulons faire évoluer nos villages", a-t-elle déclaré.
" On supprime une protection pour créer un risque "
Au coeur des critiques, la gestion des eaux et le risque d'inondation. Selon l'élue PS, le terrain concerné joue aujourd'hui un rôle de "tampon naturel " pour les habitations voisines. Elle estime que l'urbanisation du site pourrait aggraver les problèmes hydrologiques dans le quartier. "On supprime une protection pour créer un risque", a-t-elle affirmé, jugeant insuffisant le bassin d'orage prévu dans le projet.
Le groupe socialiste a également relayé les inquiétudes exprimées lors de l'enquête publique concernant la pression déjà ressentie sur les infrastructures locales : réseau électrique, débit d'eau, mobilité ou encore qualité de la connexion internet. "Ajouter quinze ménages supplémentaires sans démontrer clairement que les infrastructures pourront suivre n'est pas acceptable pour les habitants", a poursuivi Emeline Petit.
L'opposition a aussi insisté sur la nécessité de préserver le caractère rural du village. "Barry n'est pas un quartier urbain que l'on peut densifier à tout prix", a encore déclaré la conseillère communale.
" Nous ne votons pas le permis d'urbanisme "
Face aux critiques, l'échevin de l'Urbanisme Benjamin Brotcorne (Les Engagés) a tenté de recentrer les débats sur l'objet exact du vote. " Ce soir, on ne vote pas encore le permis d'urbanisme", a-t-il rappelé. "Nous nous prononçons dans le cadre du décret voirie sur la création et la modification des voiries nécessaires au projet."
L'échevin a assuré avoir rencontré plusieurs riverains lors de la clôture de l'enquête publique et affirmé que leurs remarques avaient été prises en considération.
Concernant les craintes liées aux inondations, il a détaillé plusieurs mesures techniques imposées au promoteur : bassin de rétention, matériaux perméables ou semi-perméables, limitation des débits rejetés et obligations d'entretien. " Le bassin n'est pas un espace abandonné. Il est conçu comme un ouvrage technique de gestion des eaux ", a insisté Benjamin Brotcorne.
L'échevin a également défendu un projet "qui reste dans une typologie villageoise ", évoquant quinze maisons unifamiliales à gabarit limité plutôt qu'un immeuble collectif.
Des riverains toujours inquiets
Ces explications n'ont toutefois pas convaincu l'opposition. Emeline Petit a notamment remis en cause la capacité du réseau électrique à absorber l'arrivée de nouveaux logements. ""Les riverains subissent déjà des diminutions et des pertes d'énergie. Ajouter quinze nouvelles habitations ne va pas améliorer la situation", a-t-elle estimé.
La conseillère socialiste a finalement confirmé le vote négatif de son groupe. "Oui, ce sont peut-être des projets importants pour le logement et le développement, mais pas n'importe comment, pas à n'importe quel prix et pas dans un petit village rural comme Barry."
Le conseil communal a finalement adopté le point relatif à la voirie, permettant au dossier de poursuivre son instruction.
R.R.