Ellezelles : les titres-services du CPAS vont disparaître
Le service était en déficit depuis plusieurs années.
Ce lundi soir, lors du conseil communal d'Ellezelles, le sujet des titres-services a été évoqué durant de longues minutes. La cellule gérée par le CPAS va en effet disparaitre, la décision aurait été prise la semaine dernière. Le PS, avec Vinciane Hugé, et Ecolo, avec Isabelle Coppée, ont ainsi questionné la présidente du CPAS, Pascaline Lejour.
"Nous pouvons entendre que le secteur des titres-services est en difficulté, mais pour quelles raisons ? Nous pouvons entendre qu'un CPAS doit gérer ses finances avec responsabilité. Mais la responsabilité, ce n'est pas seulement équilibrer des chiffres. C'est aussi protéger les personnes, anticiper les conséquences humaines, expliquer clairement les décisions et chercher toutes les alternatives avant d'abandonner un service. Ce soir, notre demande est simple : nous souhaitons une clarification complète, transparente et humaine." s'est notamment exprimée Isabelle Coppée.
Un service en déficit depuis des années
La question de la situation est alors arrivée sur la table, PS et Ecolo se demandant ce qui avait poussé à une telle décision. Pascaline Lejour a alors expliqué que le service ne faisait plus de bénéfices depuis longtemps, au contraire : "Pour qu'une entreprise tourne, il faut quand même qu'il y ait un peu de recettes, Les titres-services ont été créés en 2005 et dès 2010, il n'y avait déjà plus de bénéfices. On était déjà en déficit à ce moment-là. C'est un déficit qui a toujours été prévu au budget, donc maitrisé." Mais en en 2012, les choses se sont compliquées. "La situation a commencé à devenir déjà critique aux alentours de 2012. Et puis, en 2022, ça s'est accéléré. Aujourd'hui, on présente un déficit qui est de 120 000€, ce qui est quand même très, très important. Je pense que n'importe quel chef d'entreprise raisonnable ne peut plus continuer comme ça chaque année, à devoir continuer à essayer de maintenir la barque.La commune a toujours été là et le CPAS pour combler le déficit, on l'a fait jusqu'à présent. Sauf que maintenant, ça s'est encore accentué brutalement."
Un déficit principalement dû aux dépenses du personnel
Mais alors comment expliquer ce déficit ? La présidente met en avant un des problèmes principaux, celui des dépenses du personnel : "Notre directeur financier nous a bien expliqué la dernière fois que si toutes les filles travaillent 48 semaines sans prendre de congés, sans être malade, nous avons plus de dépenses de personnel que de recettes. Donc, déjà à la base, on est en déficit avant même de commencer."
D'autres explications ont été données, notamment celle des barèmes différents entre privé et public : "Le problème est que par rapport aux services privés, les barèmes sont déjà moindres, les nombres de congés sont moindres et il faut être une très grosse société pour pouvoir survivre." Avant, le CPAS maintenant la barque grâce à des emplois subsidiés, chose plus difficile aujourd'hui : "Au début, quand il manquait des ménagères, on faisait un appel, on avait dix, quinze candidatures. On choisissait souvent les candidats avec lesquels on avait des subsides. Maintenant, ce n'est plus possible. On a parfois une candidature, parfois pas. On ne répond plus aux demandes des utilisateurs donc il y a des gens qui râlent, qui nous quittent."
Quid de la suite pour les travailleurs ?
Une autre question soulevée par l'opposition est celle de l'avenir des personnes travaillant pour ces titres-services. Elles sont au nombre de 14. La solution actuellement envisagée est celle d'un transfert. "On reste un CPAS mais on garde, même si c'est difficile à croire, un côté humain (...) Souvent, les dames qui sont en titres-services n'ont pas de qualification. Et donc à l'heure actuelle, dans les conditions qu'on a avec la réforme du chômage, c'était inconcevable de les laisser sans travail, de les licencier. On s'est donc renseigné auprès de Chièvres pour voir comment c'était possible de transférer un service. Donc ici, on a pris tous nos renseignements pour le faire. On a déjà contacté les trois sociétés et nous avons un plan d'action qui a été fait." La volonté est donc de permettre aux travailleurs d'être transférés dans le privé.
Un échec selon la présidente
L'opposition s'est également questionnée sur la manière dont les événements s'étaient déroulés ou encore sur le "comment" les travailleurs avaient appris la nouvelle. Mais pour Pascaline Lejour, les choses ont été faites au mieux : "Je pense que nous n'avons rien fait de mal. C'est la conjoncture actuelle qui le veut (...) Le système des titres-services est obsolète et ne peut pas continuer comme ça. Même certaines petites entreprises privées ne peuvent pas continuer, il n'y a que les grosses qui vont survivre (...) Dire que nous n'avons pas de considération, ça, je ne peux pas laisser dire (...) J'ai beaucoup de tristesse pour ce qui va arriver mais je pense qu'on est arrivé au bout du bout et je regrette ce qui va se passer (...) J'estime que c'est un échec pour moi de devoir mettre ces dames sur le marché privé. Mais il n'y a pas d'autres solutions, malheureusement. J'aurais préféré que ça se fasse autrement."
E.H.