Kain : un silure d’1m50 pêché près de l’écluse
Un fait qu’on peut qualifier de rare chez nous.
Impressionnante pêche pour Quentin le 24 avril dernier. Ce passionné a en effet attiré dans ses filets un silure mesurant 1,50 mètre et pesant entre 25 et 30 kg. Il était de sortie avec un ami près de l'écluse de Kain quand l'exploit a eu lieu. Exploit, oui, car pêcher un silure n'est pas anodin, en tout cas chez nous : "Sur l'Escaut, je pars trois à quatre fois par an. C'est simple, ça fait dix ansque j'essaie de faire un silure sur l'Escaut et c'est le premier, c'est extrêmement rare dans notre coin. Sur 30 sorties, je n'en ai vu qu'un" explique Quentin.
Peu de silures aperçus dans l'Escaut, encore faut-il qu'ils se laissent attraper
Si on sait que des petits silures arrivent du canal de Roubaix et sont dorénavant présents au niveau du canal de l'Espierres, c'est donc un fait beaucoup moins courant dans la zone du Tournaisis. Et si le pêcheur est en réalité un passionné de silures de par sa complexité, sa puissance et le challenge que représente sa pêche, la chasse de cette espèce n'est pourtant pas des plus simples, même lorsque l'équipement suit, ce qui explique ainsi également la rareté d'une telle prise. "C'est un poisson très intelligent, pas facile à prendre (...) J'ai un petit bateau, on a des systèmes d'échosondeurs qui sont très développés, très évolués. Donc, ça permet de voir ce qu'il se passe dans l'eau. Pour vous dire, durant ces dix années, j'ai scanné l'Escaut. Je pouvais voir deux asticots dans six mètres d'eau bouger alors que je n'ai jamais vu un silure."
Un poisson à l'image controversée
De nos jours, le silure est un poisson qui fait beaucoup parler. Si pour certains, il s'agit d'un criminel qui nuit aux autres espèces, pour Quentin, nuancer est important. "C'est un poisson qui mange de tout mais qui ne mange pas tout. C'est un fainéant qui va manger un cadavre plutôt qu'aller prédater un poisson parce qu'il est lent. C'est un opportuniste (...) Mais c'est un peu facile de taper tout le temps sur son dos et de dire que c'est le coupable s'il n'y a plus de poisson. C'est un gros prédateur, vu sa taille, les gens font vite un amalgame mais il y a d'autres problèmes d'un point de vue écologique et d'un point de vue "système humain", comme les barrages ou le traitement des eaux qui pour moi impactent plus que la prédation du silure (...) Dans toutes les rivières où on a pêché en France, il y a énormément de poissons et il y a des silures à côté."
E.H.