Affaire de la fausse demande d'aide sociale d'un conseiller MR à Tournai : une instruction lancée par l'administration wallonne

Affaire de la fausse demande d'aide sociale d'un conseiller MR à Tournai : une instruction lancée par l'administration wallonne

Tournai

Le ministre Desquesnes juge le dossier interpellant et rappelle qu'un conseiller de l'action sociale peut être suspendu ou révoqué par le gouvernement wallon.

Suite de la saga du CPAS de Tournai. Lors de la grève menée la semaine dernière en front commun par la CGSP et la CSC, on apprenait qu'un conseiller MR de l'action sociale avait introduit délibérément une demande d'aide sociale en ligne. Un acte qui a provoqué la stupeur parmi les membres du personnel, qui y voient une manière de surveiller leur travail.

Dans un communiqué publié le lendemain, le collège communal a apporté sa version des faits. Selon la majorité, le conseiller concerné explique "avoir voulu tester le système CPAS ON LINE afin d'en identifier les failles, notamment en matière de fraude ou de surcharge administrative. Il a introduit une demande le 22 février 2026 depuis l'étranger avec ses propres coordonnées, avant de prévenir le service social qu'il s'agissait d'un test et de demander le classement sans suite du dossier."

La majorité précise que l'intéressé a reconnu le caractère inapproprié de sa démarche. Face aux critiques, MR, Les Engagés et Ecolo dénoncent des interprétations mensongères et rejettent toute volonté de contrôle du travail des assistants sociaux. Les trois partis disent attendre l'avis du ministre de tutelle.

Ce mardi, Stéphane Hazée et Dorothée De Rodder ont interpellé François Desquesnes en commission des pouvoirs locaux. "On sait le contexte dans lequel cette actualité s'inscrit. (...) Mais comme si ça ne suffisait pas, il y a ce comportement assez ahurissant d'un conseiller de l'action sociale", fustige le député Ecolo.

Pour Stéphane Hazée, les faits reprochés sont inadmissibles. Il évoque "une rupture de confiance vis-à-vis des services, dans un contexte où ceux-ci sont déjà fortement sollicités." Selon lui, "cet acte mobilise inutilement des ressources et bafoue l'éthique attendue d'un mandataire public."

La députée Dorothée De Rodder, également présidente du PS de Tournai, demande au ministre de se prononcer clairement. Elle dénonce "une ingérence politique caractérisée" et "une forme de mépris institutionnel" envers des agents confrontés à une crise sociale réelle. La socialiste appelle à des mesures pour éviter que de tels faits ne se reproduisent et pour mieux protéger les travailleurs sociaux.

De son côté, François Desquesnes indique avoir découvert cette affaire dans la presse et la juge "interpellante". Il évoque "à tout le moins une maladresse flagrante" et appelle au respect des règles déontologiques, du bon fonctionnement des services et de la dignité des bénéficiaires comme des agents publics.

Le ministre confirme avoir reçu une plainte d'un syndicat. Le dossier a été transmis à son administration afin qu'une instruction complète puisse être menée. À ce stade, il dit ne pas disposer de tous les éléments et invoque son devoir de réserve.

François Desquesnes rappelle toutefois le cadre légal. En cas de négligence grave ou d'inconduite notoire, les membres du Conseil de l'action sociale peuvent être suspendus ou révoqués.

Des propos qui ne convainquent pas totalement Dorothée De Rodder. Pour elle, il ne s'agit pas d'une simple maladresse, mais d'une faute préméditée portant atteinte à la dignité de la fonction d'élu et à celle des travailleurs sociaux.

Pas encore de réponse définitive donc à ce stade, mais une affaire qui continue de faire réagir et qui pourrait encore alimenter le débat politique dans les prochaines semaines.


R.R.