Boucle du Hainaut : REVOLHT dénonce une “autoroute électrique” déconnectée des besoins locaux

Boucle du Hainaut : REVOLHT dénonce une “autoroute électrique” déconnectée des besoins locaux

Boucle du Hainaut : REVOLHT dénonce une “autoroute électrique” déconnectée des besoins locaux

Le collectif a rédigé une carte blanche.

Dans une carte blanche publiée ce jeudi, le collectif REVOLHT veut relancer le débat autour de la Boucle du Hainaut. Selon l'association, le projet porté par Elia ne répondrait pas prioritairement aux besoins énergétiques de la province, mais relèverait davantage d'une logique de transit à grande échelle.

Une infrastructure jugée surdimensionnée

Au coeur des critiques : la nature même du projet. Avec une puissance annoncée de 6 GW et une tension de 380 kV, la Boucle du Hainaut est décrite comme une " autoroute électrique ", destinée à transporter d'importants flux d'électricité sur de longues distances, notamment issus de l'éolien offshore ou des interconnexions internationales.

Pour REVOLHT, cette infrastructure dépasse largement les besoins propres du territoire hennuyer. " Il ne faut pas confondre ce qui doit alimenter un territoire avec ce qui traversera le pays ", insiste le collectif, qui pointe un risque de voir la province transformée en simple couloir énergétique.

Un problème de timing face à l'urgence

Autre point de friction : le calendrier. Selon les estimations avancées, la Boucle du Hainaut ne serait pas opérationnelle avant 2033, avec des retombées concrètes pour la province attendues à l'horizon 2035.

Un délai jugé incompatible avec les besoins actuels, notamment dans la région de Saint-Ghislain, où la présence de data centers dont ceux de Google accentue la pression sur le réseau électrique local.

Pour le collectif, l'urgence énergétique du Hainaut est bien réelle, mais elle nécessite des réponses rapides et ciblées, et non un projet structurant à long terme.

Des alternatives locales mises en avant

REVOLHT met en avant l'existence de solutions intermédiaires, déjà identifiées dans les plans d'Elia. Parmi celles-ci : le renforcement du réseau local en 150 kV, notamment autour d'Harmignies, Ciply, Pâturages ou encore du pôle stratégique GhlinBaudour.

Ces aménagements, jugés plus rapides à déployer, pourraient selon le collectif contribuer significativement à sécuriser l'alimentation électrique de la province, sans recourir immédiatement à une nouvelle ligne à très haute tension.

Le reproche principal porte sur le manque de transparence : les gains réels de ces renforcements locaux n'auraient pas été évalués de manière claire, consolidée et contradictoire dans le débat public.

Un appel à une analyse comparative

Face à ces constats, REVOLHT appelle le ministre wallon de l'Énergie, François Desquesnes, à imposer une analyse rigoureuse de plusieurs scénarios. Trois pistes sont avancées : un renforcement exclusivement local, une combinaison avec la Boucle du Hainaut, et une solution hybride intégrant notamment des options souterraines.

L'objectif : comparer de manière objective les délais, les coûts, les capacités et les impacts territoriaux de chaque option.

Un débat qui dépasse la technique

Au-delà des aspects techniques, la carte blanche pose une question de fond : quelle stratégie énergétique pour le Hainaut ? Pour le collectif, défendre le tissu industriel local implique d'abord de garantir un réseau fiable, adapté et rapidement opérationnel.

" Le Hainaut mérite mieux qu'un faux choix entre immobilisme et surdimensionnement ", conclut REVOLHT, appelant à ne pas sacrifier les intérêts locaux au profit d'une infrastructure aux enjeux plus larges.


J.C.