Faillite du RFC Tournai : décision attendue le 3 mars, un passif de plus de 600.000 euros révélé à l’audience

Faillite du RFC Tournai : décision attendue le 3 mars, un passif de plus de 600.000 euros révélé à l’audience

Tournai

Le Tribunal de l’entreprise de Tournai a pris le dossier du RFC Tournai en délibéré ce mardi matin. À l’audience, l’ampleur réelle du passif, plus de 600.000 euros, et de graves manquements ont été détaillés.

Le sort du RFC Tournai est désormais suspendu à une date : le 3 mars prochain. Ce matin, devant le Tribunal de l’entreprise de Tournai, le dossier a été mis en délibéré. Le procureur, Christian Henry, a d’ores et déjà indiqué craindre que "dans l’état actuel, la faillite soit inévitable."

Un passif bien plus lourd qu'annoncé

L'un des éléments marquants de l'audience concerne le montant réel des dettes. Alors que certains évoquaient jusqu'ici un passif avoisinant les 300.000 euros, l'administrateur provisoire, Me Gauthier Lefebvre, a présenté un tout autre chiffre : 605.185 euros.

En parallèle, la trésorerie est quasiment inexistante. "En raclant les fonds de caisse, il reste 5.318 euros", a-t-il précisé, décrivant "une situation catastrophique à tous niveaux : financier, organisationnel et humain".

Au-delà des chiffres, des problèmes administratifs ont également été pointés. Me Lefebvre a évoqué un manque de clarté dans la gestion des contrats, notamment pour certains joueurs de l'équipe première. Des documents manquants et une organisation défaillante compliqueraient encore davantage la situation du club.

Cessation de paiement et désorganisation

Me Lefebvre a avancé trois constats majeurs : la gravité de la cessation de paiement, l'absence totale de liquidités avec deux employés qui ne sont plus payés et une désorganisation profonde, y compris sur le plan sportif et administratif.

Selon lui, même l'arrivée ponctuelle de nouveaux fonds ne suffirait pas à redresser la barre, en raison des conflits internes persistants et de l'incertitude quant à l'origine d'éventuels financements.

"Le constat est sans appel", a-t-il résumé.

Les administrateurs français ne s'opposent pas

Me Dapsens, qui défend les administrateurs français, ne s'est pas formellement opposé à la faillite. Il a évoqué une situation de blocage née des désaccords entre parties belge et française, tout en assurant que ses clients souhaitaient sauver le club. Selon lui, ils pensaient encore jusqu'à récemment que le passif tournait autour de 300.000 euros.

Il a néanmoins évoqué la possibilité d'un projet viable à condition de recréer un ancrage local fort et de mobiliser des investisseurs du cru.

700.000 euros pour espérer sauver le matricule

Le procureur Christian Henry a reconnu l'attachement des Tournaisiens à leur club, mais a estimé que les manquements étaient trop importants. Pour envisager un maintien du matricule 26, il faudrait selon lui pouvoir mettre "au moins 700.000 euros sur la table" et s'engager dans une restructuration en profondeur.

À défaut, le tribunal devrait prononcer la faillite le 3 mars prochain.


Th. D. avec F. T.