Fusion des communes : Chièvres reste ouverte à la question, mais avec une consultation populaire
Le chef de file de l’opposition socialiste, Rémy Bette, a remis la question sur la table lors du dernier conseil communal.
Depuis quelques semaines, le débat sur la fusion des communes refait surface à la suite de la déclaration du président du MR, Georges-Louis Bouchez, lors des voeux du parti. Ce dernier a en effet déclaré vouloir fusionner les communes de moins de 15 000 habitants.
Lors du dernier conseil communal de Chièvres, Rémy Bette, chef de file des socialistes, a souhaité connaître la position de la majorité (Commune En'Vie) sur cette question.
"Le sujet des fusions de communes est de retour dans la sphère médiatique, un sujet qui avait déjà largement circulé lors de la dernière mandature. Les citoyens entendent régulièrement le souhait de certains responsables politiques, notamment sur nos télévisions locales, de rendre ces fusions obligatoires pour les communes de moins de 15 000 habitants", a-t-il expliqué avant d'interroger la majorité : "Quel est le positionnement de votre groupe politique face à ce sujet ? Avez-vous déjà eu des contacts avec certaines communes voisines ? Et quels territoires privilégieriez-vous si ce dossier devait devenir obligatoire afin d'atteindre ce fameux seuil des 15 000 habitants ?"
En réponse, la bourgmestre Zoë Delhaye (Commune En'Vie) a d'abord tenu à rappeler qu'aucune modification réglementaire n'a, à ce jour, été adoptée. "Il faut remettre l'église au milieu du village. La déclaration de politique régionale précise toujours, en page 95, qu'elle soutiendra les fusions volontaires de communes. La législation qui encadre ces fusions repose encore sur le décret du 2 mai 2019. De ce point de vue, il n'y a pas de nouveauté", a-t-elle souligné.
L'importance de la concertation citoyenne
Sur le plan politique, la bourgmestre se montre ouverte, sous certaines conditions. "Nous ne sommes pas fermés à une fusion, mais elle doit être précédée d'une consultation de la population et s'inscrire dans un projet clair permettant d'obtenir l'adhésion des communes concernées", a-t-elle expliqué.
Zoë Delhaye insiste également sur le fait que son groupe reste opposé à toute absorption par une grande entité. "La ligne politique est toujours la même : une absorption par une commune de 30 000 habitants, c'est non", a-t-elle affirmé, laissant chacun tirer ses propres conclusions concernant les communes voisines.
Si Rémy Bette (PS) partage l'importance d'une consultation populaire, il s'interroge toutefois sur la faisabilité du seuil fixé. "Tout le monde a plus ou moins en tête les communes vers lesquelles on pourrait se tourner. Mais si l'on additionne les populations, on n'atteint toujours pas les 15 000 habitants. Et si l'on exclut une absorption par une entité de plus de 30 000 habitants, cela signifie qu'il faudrait plutôt se tourner vers l'est, vers le Borinage, puisque vers l'ouest, on dépasse déjà ce seuil", a-t-il expliqué.
Autrement dit, une fusion avec Ath semble peu envisageable. Avec ses 7 000 habitants, Chièvres pourrait envisager une fusion avec Brugelette (3 800 habitants), sans toutefois atteindre le seuil requis. Il faudrait donc se tourner vers une autre commune pour compléter ou changer l'équation.
Pour la bourgmestre, la situation financière doit également être prise en considération. Elle défend par ailleurs le maintien de communes à taille humaine. "L'avantage des petites communes de 7 000, 4 000 ou même 15 000 habitants, c'est cette proximité avec le citoyen et avec le service public rendu", insiste-t-elle.
Des discussions informelles, mais pas de négociations
Pour l'instant, rien n'est par ailleurs sur la table. Zoë Delhaye affirme avoir évoqué le sujet avec son homologue de Beloeil, Bastien Marlot, ainsi qu'avec d'autres bourgmestres de la zone de police Sylle et Dendre. "Aujourd'hui, aucune négociation n'a été entamée concernant une éventuelle fusion", insiste-t-elle.
La bourgmestre a également précisé qu'une conférence sur le sujet sera prochainement organisée par le MR. Elle espère y participer afin de mieux connaître l'état d'avancement de la réflexion.
A.D.