Boucle du Hainaut : Mont-de-l’Enclus quasiment épargnée par un nouveau tracé ?
Un tracé alternatif du projet Boucle du Hainaut réduirait fortement l’impact sur le territoire enclusien, sans pour autant lever toutes les inquiétudes des autorités communales.
Interpellé par la conseillère communale Fabienne Hernould, le bourgmestre de Mont-de-l'Enclus, Jean-Pierre Bourdeaud'huy, est revenu sur la séance d'information consacrée au projet de la Boucle du Hainaut, organisée récemment à Frasnes-lez-Anvaing. Une réunion à laquelle les membres du collège communal ont été conviés, malgré l'absence de conseil consultatif (CCATM) au sein de la commune.
À cette occasion, il a été précisé que le ministre François Desquesnes (Ls Engagés) avait mandaté un bureau d'expertise afin d'analyser des alternatives au tracé initial proposé par Elia. Une révision qui pourrait considérablement réduire l'impact du projet sur le territoire enclusien. Alors qu'une quinzaine d'habitations étaient concernées dans la première mouture, seules deux maisons se situeraient désormais dans le périmètre impacté, selon la distance de sécurité de 60 mètres retenue par Elia et les autorités. Un critère que le bourgmestre juge toutefois "discutable".
Si cette évolution est perçue comme un pas dans la bonne direction, la position de la commune reste inchangée. "Deux riverains, cela reste deux riverains de trop", martèle le bourgmestre libéral, qui assure que Mont-de-l'Enclus continuera à défendre les intérêts de ses habitants.
"La commune agira lorsque le permis sera déposé"
À l'heure actuelle, le bureau d'étude poursuit l'analyse des remarques formulées au sein des différentes commissions consultatives d'aménagement du territoire des communes impactées. La commune de Mont-de-l'Enclus, elle, qui ne dispose pas de CCATM, ne peut pour l'instant intervenir formellement. Mais elle entend bien se faire entendre lors de la prochaine étape.
"Un permis d'urbanisme devra être introduit et soumis à enquête publique. À ce moment-là, la commune réagira. Même si seules deux habitations sont concernées, il est de notre devoir de défendre tous les citoyens", insiste Jean-Pierre Bourdeaud'huy.
Le bourgmestre a également partagé son ressenti personnel sur le dossier, notamment en ce qui concerne l'option de l'enfouissement de la ligne. Une solution qu'il juge peu réaliste sur le plan financier. "Enterrer la ligne ferait grimper le coût du projet de six à sept fois par rapport à une infrastructure aérienne. J'ai pris contact avec plusieurs ministres, y compris au niveau fédéral. Et on sent très bien qu'ils ne veulent pas que, demain, le prix de l'électricité devienne inabordable pour les citoyens".
Enfin, Jean-Pierre Bourdeaud'huy a rappelé les enjeux économiques liés à la capacité du réseau électrique. Il cite notamment l'intercommunale Ideta, contrainte de refuser l'implantation de certaines entreprises dans les zonings industriels de Wallonie picarde, faute de pouvoir leur garantir un approvisionnement électrique suffisant. Un frein au développement économique régional qui pèse également dans la balance.
Sébastien Lippens