Lessines : un budget du CPAS « prudent et évolutif »
La subvention communale au CPAS reste inchangée depuis 2024.
Le conseil communal de Lessines a approuvé le budget du CPAS ce jeudi soir. Un budget qui se veut prudent vu l'impact encore incertain de la réforme du chômage sur l'institution. Les recettes à l'exercice propre s'élèvent à 23.734.740,36 euros tandis que les dépenses s'élèvent à 23.753.541,64 euros. L'exercice propre se solde donc sur un mail de plus de 18.000 euros, compensé par les recettes des exercices précédents.
Au niveau des dépenses, notons une donnée importante, " on a une baisse de 150.000 euros de dépenses de personnel ", précise Didier Delauw le président du CPAS (Oser Les Engagés). Au niveau du personnel, deux personnes de la cuisine prennent leur retraite et ne seront pas remplacées, " on avait trop de personnel en cuisine. " Par contre, le service social est renforcés pour faire face à l'afflux d'exclus du chômage. Pourquoi les dépenses de personnel ont-elles tant diminué ? " Nous avons fait un effort de lisibilité et sincérité du budget. Avant le service utilisait un fichier Excel. On calculait donc les prévisions salariales à la grosse louche. Si une indexation était prévue en novembre, elle était déjà calculée à partir de janvier. Désormais, on utilise un outil de gestion au sein du service RH. " Un nouvel outil est aussi utilisé pour la gestion du personnel de la maison de repos. " Avant, quand une personne était malade, on engageait quelqu'un pour la remplacer. Et quand la personne revenait, on oubliait parfois qu'il y avait quelqu'un en remplacement. " Autre explication à la diminution : la suppression du crédit spécial de recette.
Autre point d'attention dans ce budget, l'augmentation des dépenses de transfert de 1.400.000 euros. " C'est aux RIS supplémentaires. On estime qu'on aura 125 dossiers supplémentaires suite aux exclusions du chômage. Au mois de janvier, nous avons reçu 25 personnes, dont 21 qui peuvent avoir le RIS. "
L'équilibrage du budget a été permis grâce à la subvention communale. " Elle reste inchangée depuis 2024 ", précise le président.
À l'extraordinaire, les investissements prévus sont limités et ciblés sur des projets indispensables : projet de sécurisation du siège social et de la maison de repos, acquisition de chariots de maintien au chaud des repas de la maison de repos, installation de la climatisation dans la salle des fêtes de la maison de repos en prévention des canicules. " Ces projets seront financés par emprunt, sauf la climatisation que nous ferons sur fonds propres, 6.000 euros. "
Didier Delauw estime avoir présenté un budget prudent et évolutif. " Il repose sur des prévisions établies à partir des informations disponibles au moment de son élaboration et des calculs de probabilités, notamment en ce qui concerne l'impact réel de la réforme du chômage, l'évolution des demandes d'aides sociales et les modifications de subsidiations. " Pour le président, le conseil de l'action sociale devra suivre la situation de près et procéder à des ajustements au niveau des moyens humains et financiers pour que le CPAS puisse remplir sa mission.
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Pascal De Handschutter (PS) a interrogé le président sur l'origine des estimations du nombre d'exclus du chômage. " Ce sont des estimations basées sur des chiffres reçus de l'Onem. On estime à 125 le nombre de personnes qui bénéficieraient d'un RIS ", explique Didier Delauw. Mais selon le conseiller PS, " lors d'un débat à la RTBF, les acteurs des CPAS ont indiqué que les chiffres sont sous-estimés. " Une remarque qui a valu un petit échange entre le président du CPAS et le conseiller de l'opposition. " Lessines, n'est pas Charleroi ou Liège ", estime Didier Delauw. " Ce n'est pas non plus Wavre ou Waterloo ", répond Pascal De Handschutter. " Vous amplifiez le phénomène ", répond le président. " L'avenir nous le dira " , conclut le conseiller.
Le groupe socialiste s'est abstenu sur le vote du budget. " Notre groupe ne peut que constater le manque d'anticipation manifeste de l'impact de la réforme sur les CPAS. Il est pourtant prévisible et documenté. Notre opposition traduit une réserve dans la capacité du budget de répondre de manière adéquate à la réforme ", explique la conseillère Gwendoline Cuvelier. Le PS estime ainsi que le budget ne tient pas compte de la réalité et ne met pas de moyens suffisants et ne renforce pas assez son personnel. " On ne peut pas cautionner un budget qui expose le CPAS à un danger structurel. Le budget en l'état fait peser les conséquences de choix politiques assumées à d'autres niveaux de pouvoir. "
S.L.