Fin de la gratuité des repas dans les écoles : quelles sont les alternatives ?

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Fin de la gratuité des repas dans les écoles : quelles sont les alternatives ?

Aujourd'hui, plus de 55 000 élèves bénéficient de repas gratuits en Wallonie et à Bruxelles. Mais avec les décisions budgétaires récentes, la facture pourrait augmenter pour de nombreuses familles. Nous avons fait le point sur la situation dans notre émission "Le + de l'info", en compagnie de Hervé Cornillie, bourgmestre de Leuze, et Dorothée De Rodder, députée wallonne.

L'heure est aux économies dans les gouvernements et les repas scolaires ne sont pas épargnés. Fin d'année 2025, un nouveau décret était annoncé en vue de l'année scolaire 2026-2027 : une réduction des financements, qui impliquerait la suppression des repas gratuits dans les écoles. En plus de la hausse annoncée de la TVA sur les repas fournis par des prestataires externes dans les cantines scolaires, la fin de la gratuité des repas scolaires dans les écoles qui ont un indice socio-économique faible pourrait donc faire augmenter la facture pour de nombreuses familles.

Un enfant sur trois souffre de précarité infantile

Invitée sur le plateau de notre émission "Le + de l'info", Dorothée De Rodder, députée wallonne, a d'abord tenu à resituer les enjeux socio-économiques liés à la gratuité des repas dans les établissements scolaires : " Le repas gratuit à l'école, c'est parfois le seul repas que certains enfants ont dans la journée. Et donc, passer d'une ligne budgétaire de 8 millions d'euros à zéro, c'est supprimer la gratuité scolaire pour les établissement à faible indice économique."

Pour la députée, cette mesure à venir est très problématique, un enfant sur trois souffrant de précarité infantile, car ce serait tourner le dos à tous ces enfants : "On passerait de 3,50 euros par repas à 0,45 euros. C'est inutile de vous dire que c'est impossible d'organiser des repas à ce tarif là. Faire porter cette charge par les communes et par les A.S.B.L pour les écoles libres, cela deviendra vite insupportable. Nous ne comprenons pas cette mesure complètement délétère" a-t-elle précisé.

L'exemple de Leuze

Interrogé à son tour sur notre plateau, Hervé Cornillie, bourgmestre de Leuze et député fédéral, a lui aussi affirmé que ce nouveau décret pourrait être dangereux pour les familles, précisant que le repas à l'école, en plus d'être alimentaire, est aussi un moment pour faire de la pédagogie et de l'intégration avec les élèves.

À ce propos, à Leuze, la commune complète déjà le prix des repas et collabore avec le CPAS de la commune pour préparer et servir les repas. Une démarche qui permet de neutraliser l'augmentation du taux de la TVA, la nourriture étant donc déjà préparée sur place. Interrogé sur la possibilité de continuer cette méthode une fois que les subventions seront réduites, Hervé Cornillie n'a pas manqué de rassurer son auditoire : "La commune en elle-même fait face à des choix budgétaires. Elle devra réfléchir dans son propre budget si le montant qui lui est alloué est plus faible pour le compenser ou pour le remplacer avec d'autres sources de financement. Mais nous le ferons, c'est une certitude."

Un décret qui n'est pas encore passé

Lors de son intervention, le bourgmestre de Leuze n'a pas non plus manqué de rappeler que ces changements ne sont pas encore définitifs. En effet, le décret est passé en première lecture, mais une seconde lecture doit encore être faite et Hervé Cornillie se dit persuadé qu'il y aura encore des changements d'ici là : "Il faut être équitable au niveau de la constitution et ils se révèle que certaines de ces nouvelles mesures seront peut-être problématique. Je crois vraiment pouvoir dire qu'entre la première lecture qui ne prévoit pas d'exonération de la hausse de la TVA pour les cantine scolaires et la seconde lecture, il y aura un changement de cap, j'en suis quasi certain" a-t-il affirmé.

De son côté, Dorothée De Rodder a déjà alerté le ministre Jan Jambon sur ses inquiétudes mais n'a pas encore obtenu de réponse : "Nous avons la possibilité d'agir fort : nous avons posé une résolution qui a été présentée et retenue à la Fédération Wallonie-Bruxelles, et la ministre Valérie Glatigny va elle aussi interpeller le gouvernement pour créer une commission inter-ministérielle à ce sujet".

La députée wallonne a ensuite conclu : "Je pense que nous devons nous battre, parce que nous sommes dans une situation dans laquelle les pouvoirs locaux, les communes, les CPAS, ne pourront pas remplir cette mission sur le long terme."


T.C.