Tournai : vives tensions entre Quentin Huart et Marie-Christine Marghem autour du personnel communal
Le dernier conseil communal de Tournai a été marqué par plusieurs échanges tendu dont un entre Quentin Huart et la bourgmestre Marie-Christine Marghem. Le conseiller socialiste est revenu sur l'attitude de cette dernière lors du piquet de grève du 12 octobre et les inquiétudes concernant l'avenir du personnel communal.
C'est un point qui devait pourtant faire consensus et pourtant, il aura suscité un autre débat que celui imaginé. Le conseil communal de Tournai était invité à approuver l'octroi de l'allocation de fin d'année 2026 aux membres du personnel communal. Une décision saluée par Sabine Tomme (Les Engagés), qui a tenu à remercier les travailleurs pour leur engagement quotidien au service de la population.
Mais les discussions ont rapidement pris une autre tournure lorsque Quentin Huart (PS) a pris la parole. Si le conseiller socialiste s'est également réjoui du maintien de cette allocation, il a surtout exprimé ses inquiétudes concernant les finances de la Ville et les conséquences qu'elles pourraient avoir sur le personnel. Le socialiste a notamment regretté le manque de visibilité sur le futur plan d'embauche avant de revenir sur le piquet de grève organisé le 12 octobre dernier.
"Vous êtes venue intimider le personnel"
Quentin Huart a directement mis en cause l'attitude de la bourgmestre lors de cette mobilisation syndicale. "Vous êtes venue intimider le personnel, en les regardant dans les yeux et en leur demandant qui voulait vraiment faire grève. Le personnel a peur, Madame la bourgmestre, et vous n'arrangez rien avec des attitudes de ce type", a-t-il lancé.
Le conseiller socialiste estime que les travailleurs manifestaient pacifiquement leurs inquiétudes concernant leur avenir et leurs conditions de travail. Il dénonce une attitude qu'il juge méprisante à leur égard.
Des accusations qui ont immédiatement fait réagir Marie-Christine Marghem. La bourgmestre conteste cette version des faits et affirme avoir simplement voulu permettre aux travailleurs qui le souhaitaient de rejoindre leur poste malgré le piquet de grève. Elle dénonce également le comportement de certains manifestants qui auraient, selon elle, exercé des pressions sur leurs collègues."J'ai l'habitude de regarder les gens dans les yeux quand je leur parle. Est-ce un problème ?", a-t-elle rétorqué.
Les échanges se sont ensuite poursuivis entre les deux élus, chacun campant sur ses positions concernant le déroulement de cette journée de mobilisation.
Des inquiétudes pour les prochains mois
Au-delà de cet affrontement, c'est surtout l'avenir du personnel communal qui inquiète l'opposition. Éléonore Van Den Bogaert (PTB) a notamment regretté que les discussions portent davantage sur l'attitude des uns et des autres que sur les revendications des travailleurs. Elle s'inquiète de certaines modifications envisagées dans le règlement de travail commun à la Ville et au CPAS, notamment concernant les compensations pour les prestations en soirée et le week-end.
De son côté, Marie-Christine Marghem assure que plusieurs revendications syndicales ont déjà été intégrées au projet de règlement après différentes réunions de concertation.
Concernant l'avenir des travailleurs, la bourgmestre a précisé qu'un plan d'embauche accompagnerait le prochain budget communal. Une réunion consacrée à la situation financière de la Ville est également prévue le 17 novembre. Le Parti socialiste appelle quant à lui la majorité à davantage de concertation dans les prochains mois, qui s'annoncent particulièrement délicats pour les finances communales et le personnel de la Ville.
R.R.