Clarebout à Mouscron : Le ministre Pierre-Yves Jeholet déplore un dialogue difficile avec la direction
Le dossier de la possible fermeture du site Clarebout Mouscron 1 s’est invité ce mercredi 4 novembre en commission du Parlement wallon. Interpellé sur l’avenir des 392 travailleurs concernés, le ministre wallon de l’Emploi, Pierre-Yves Jeholet (MR), a dénoncé des difficultés de communication avec la direction. De leur côté, les syndicats entendent défendre des alternatives pour sauver l’activité, notamment en développant une production spécialisée de croquettes sur le site mouscronnois.
Le 8 septembre dernier, le groupe Simplot, propriétaire de Mydibel/Clarebout, annonçait envisager l'arrêt des activités de production sur son site de Mouscron 1. Depuis, les discussions semblent avancer difficilement. "La direction ne tient pas ses promesses en matière d'information", a notamment regretté le ministre.
Pierre-Yves Jeholet pointe notamment un manque de communication concernant les données énergétiques de l'entreprise, qui n'auraient pas été transmises aux organisations syndicales. Les échanges autour de la procédure Renault seraient également compliqués. Le ministre affirme recevoir des accusés de réception à ses demandes, sans obtenir davantage de réponses.
Pour lui, il est indispensable que la direction fournisse les informations nécessaires et présente d'éventuelles alternatives crédibles pour préserver l'activité et l'emploi. Il insiste également sur la nécessité de connaître les intentions réelles du groupe concernant le site mouscronnois. Le ministre précise toutefois qu'il n'entend pas se substituer aux syndicats dans les négociations avec l'employeur.
Après avoir échangé avec la bourgmestre de Mouscron, Ann Cloet (Les Engagés), Pierre-Yves Jeholet s'est dit disposé à organiser un calendrier de rencontres avec les représentants des travailleurs. Il s'est aussi engagé à leur communiquer rapidement de nouvelles informations.
Du côté de l'opposition écologiste, la situation suscite également des interrogations : "Si même un ministre n'arrive pas à faire bouger les choses, qui peut le faire ?", a dénoncé Ecolo en commission.
Les syndicats, eux, ne baissent pas les bras. Ils doivent rencontrer la direction ce jeudi en conseil d'entreprise. Mais, selon eux, les discussions tournent en rond. La fermeture resterait la seule option envisagée par l'employeur, sans véritable volonté de concertation.
Les représentants des travailleurs mettent pourtant sur la table des pistes pour maintenir une activité à Mouscron. Parmi elles : développer une production davantage spécialisée, notamment autour des croquettes. Un produit qui bénéficie d'un marché européen, avec une demande particulièrement présente en Belgique, et pour lequel la concurrence internationale serait moins importante que sur le marché de la frite. Les syndicats proposent ainsi de faire du site mouscronnois un véritable centre de spécialisation dans ce type de production.
Une alternative qui, à ce stade, ne semble toutefois pas faire évoluer la position de la direction. Les représentants syndicaux regrettent que le groupe reste campé sur son projet de fermeture.
N.L.