Estaimpuis : le budget de la zone de police inquiète pour 2028
Le budget 2027 de la zone de police du Val de l'Escaut affiche un déficit de plus de 900.000 euros pour l'exercice propre. Si les comptes sont à l'équilibre grâce aux réserves et aux résultats antérieurs, la situation soulève déjà des inquiétudes pour 2028.
Le budget 2027 de la zone de police du Val de l'Escaut affiche un déficit de plus de 900.000 euros pour l'exercice propre. Si les comptes sont à l'équilibre grâce aux réserves et aux résultats antérieurs, la situation soulève déjà des inquiétudes pour 2028.
C'est la directrice financière, Emmanuelle Pee, qui a présenté les grandes lignes du budget 2027 de la zone de police du Val de l'Escaut. Celui-ci s'élève à plus de 8,2 millions d'euros. Parmi les dépenses prévues figurent notamment le recrutement de cinq policiers, à savoir deux inspecteurs, deux inspecteurs principaux et un commissaire. Des moyens sont également prévus pour équiper les nouveaux agents et assurer le fonctionnement du nouveau commissariat, qui doit être opérationnel en 2027.
Mais derrière ces dépenses, c'est surtout la situation financière de la zone qui interpelle. Steve Roussel, conseiller de l'opposition pour Les Engagés s'est ainsi questionné : "Comment équilibrer ce budget ? En utilisant 469.909,79 € provenant du résultat de la modification budgétaire 2026 et en prélevant 435.312,84 € dans notre fonds de réserve ordinaire. Autrement dit, nous utilisons les résultats précédents et puisons massivement dans nos réserves ! Conséquence : au 31 décembre 2027, il ne resterait que 82.771,38 € de réserve ordinaire pour une zone dont le budget dépasse huit millions d'euros ! Une question s'impose donc : mais que ferons-nous en 2028 ?"
Un déficit qui fait craindre des difficultés en 2028
Pour l'opposition MR, la situation est préoccupante. Eric Demarque estime que la zone reporte une partie de ses difficultés financières et qu'elle ne pourra plus compter sur les mêmes mécanismes pour équilibrer son prochain budget. Les dotations communales devront en effet être revues à la hausse en 2028 pour permettre à la zone de retrouver un équilibre financier.
Un constat également dressé par Steve Roussel. Il qualifie le budget de particulièrement inquiétant, mais estime que les explications apportées par la cheffe de corps lors d'une réunion organisée en amont du conseil ont permis de mieux comprendre les dépenses prévues dont celles concernant le recrutement. Pour le conseiller, supprimer ces engagements ne serait pas une solution, alors que 1.788 heures supplémentaires ont déjà été prestées entre janvier et juin 2026.
Davantage de policiers sur le terrain ?
La question des recrutements a également été soulevée par Chloé Tratsaert, conseillère du groupe Ouverture, souhaitant savoir si l'arrivée de ces cinq agents permettra concrètement d'améliorer la présence policière sur le terrain, de jour comme de nuit, et d'augmenter le nombre de patrouilles à Estaimpuis.
Le bourgmestre Frédéric Di Lorenzo rappelle que les recrutements concernent bien du personnel opérationnel, susceptible d'intervenir sur le terrain. Il souligne toutefois que les policiers peuvent aussi être mobilisés en renfort dans d'autres communes.
Estaimpuis a anticipé, mais qu'en est-il des autres communes ?
Le financement de la zone repose sur les dotations fédérales et les contributions des quatre communes partenaires : Estaimpuis, Pecq, Celles et Mont-de-l'Enclus. La part de chacune est déterminée selon une clé de répartition réglementée, appelée norme KUL, qui tient notamment compte de caractéristiques démographiques, socio-économiques et territoriales permettant d'estimer les besoins en capacité policière. Cette norme sert de référence pour répartir les contributions communales, selon les règles applicables à la zone.
Estaimpuis assume ainsi 39 % du financement communal de la zone, contre 26 % pour Pecq, 23 % pour Celles et 12 % pour Mont-de-l'Enclus.
Le bourgmestre Frédéric Di Lorenzo se veut rassurant concernant la part d'Estaimpuis. La commune anticipe depuis plusieurs années l'augmentation attendue de sa contribution en constituant des provisions dans ses budgets. Il confirme toutefois qu'un refinancement sera nécessaire en 2028.
Eric Demarque s'interroge, lui, sur la capacité des trois autres communes à faire face à cette hausse. Steve Roussel appelle également les quatre partenaires à se concerter pour garantir les moyens financiers nécessaires au fonctionnement de la police.
Le bourgmestre rappelle que Pecq et Mont-de-l'Enclus ont déjà voté leur budget en ayant connaissance de cette échéance. Reste à voir si les quatre communes pourront s'accorder sur le financement futur de la zone. Car si les recrutements sont jugés nécessaires pour assurer les missions de police, leur financement à long terme devra lui aussi être garanti.
E.H.