Estaimpuis : la majorité prête à ne plus respecter le coût-vérité pour éviter une hausse de la taxe déchets aux habitants

Estaimpuis : la majorité prête à ne plus respecter le coût-vérité pour éviter une hausse de la taxe déchets aux habitants

Estaimpuis
Estaimpuis : la majorité prête à ne plus respecter le coût-vérité pour éviter une hausse de la taxe déchets aux habitants

La taxe déchets restera inchangée à Estaimpuis en 2027. Mais avec un coût-vérité de 96,94 %, la question du seuil légal de 95 % a fait débat au conseil communal.

En 2027, les habitants d'Estaimpuis ne subiront pas de nouvelle augmentation de la taxe déchets. Les montants restent identiques à ceux de cette année : 108 euros pour une personne isolée, 149 euros pour un ménage de deux personnes, 162 euros pour trois personnes, 176 euros pour quatre personnes et 189 euros pour les ménages de cinq personnes et plus.

Autre changement salué par l'opposition : le retour des sacs-poubelle de 30 litres. Leur distribution est prévue selon la composition du ménage. Les personnes isolées et les ménages de deux personnes recevront dix sacs. Les foyers de trois personnes et plus en recevront vingt.

Un coût-vérité proche du seuil légal

Le taux de couverture du coût des déchets, appelé coût-vérité, est fixé à 96,94 % pour 2027. Ce mécanisme vise à faire financer par les citoyens le coût de la collecte et du traitement de leurs déchets. Le taux doit normalement se situer entre 95 et 110 %.

C'est précisément cette limite inférieure qui a suscité une question de Thierry Graulich, conseiller de l'opposition du groupe Ouverture. Avec un taux qui frôle les 95 %, il a voulu savoir quelle serait la réaction du collège si la commune venait à passer sous ce seuil.

La réponse de l'échevine des Finances, Sophie Vervaecke (PS), a été sans détour : la majorité ne souhaite pas augmenter la taxe d'ici la fin de la mandature, en 2030. "S'il faut aller jusqu'à ne plus respecter le coût-vérité, on le fera", a-t-elle déclaré, précisant que le collège serait prêt à ne plus appliquer ce principe plutôt que de faire peser une nouvelle hausse sur les habitants.

L'opposition demande une remise à plat du système

Cette position intervient alors que le fonctionnement du coût-vérité et les dépenses liées à la gestion des déchets continuent de faire débat. Steve Roussel, conseiller communal Les Engagés, a rappelé que les critiques formulées il y a un an à l'égard du système et d'Ipalle n'avaient, selon lui, pas débouché sur suffisamment de changements concrets. Il reconnaît que l'intercommunale a annoncé des mesures d'économies, mais souligne qu'une hausse nette de 1,80 euro par habitant reste prévue en 2027 en Wallonie picarde.

Le conseiller estime également que la stabilité de la taxe à Estaimpuis doit être relativisée : en 2026, les montants avaient augmenté d'environ 35 %. Il demande dès lors que la taxe ne soit plus augmentée durant toute la mandature et réclame une véritable alternative au système actuel.

Steve Roussel a toutefois salué le retour des sacs de 30 litres, une mesure qu'il juge particulièrement utile pour les personnes isolées, les personnes âgées et les petits ménages.

Du côté de l'opposition MR, Eric Demarque a salué l'absence d'augmentation de la taxe. Il a toutefois relayé le mécontentement de certains habitants concernant la diminution des quotas gratuits dans les recyparcs et le coût supplémentaire que peuvent représenter certains dépôts. Il craint que ces restrictions n'encouragent les dépôts sauvages.

Le bourgmestre appelle les communes à se mobiliser

Le bourgmestre Frédéric Di Lorenzo (PS) a rappelé que le coût-vérité est fixé par décret et que la commune ne dispose donc pas seule du pouvoir de modifier les règles. Il estime que les autorités communales doivent continuer à interpeller les niveaux de pouvoir compétents pour faire évoluer le système.

Il a également invité les représentants des différentes communes à défendre ensemble leurs intérêts au sein d'Ipalle notamment lors de la prochaine assemblée intercommunale.

Il regrette surtout que la mobilisation observée l'an dernier autour du coût-vérité soit retombée depuis. Un an après les protestations, il appelle les communes à retrouver une position commune et à réclamer des changements concrets.


E.H.