Décès de Jean-François Van Haelmeersch : l'artiste laisse derrière lui une œuvre singulière
Jean-François Van Haelmeersch est décédé ce dimanche.
L’artiste plasticien tournaisien Jean-François Van Haelmeersch est décédé ce dimanche, laissant derrière lui une œuvre singulière, nourrie par les paysages, la mémoire et le dialogue entre les arts.
Il y a des artistes qui cherchent à représenter le monde. D'autres tentent d'en retenir les traces, d'en saisir les fragilités et les beautés éphémères. Jean-François Van Haelmeersch appartenait à cette seconde famille. Dans ses peintures, ses gravures et ses collaborations, il explorait ce qui subsiste lorsque les paysages changent et que le temps emporte une part du vivant.
Né à Tournai en 1955, il s'était formé aux arts plastiques à Mons, avant d'étudier la peinture monumentale à La Cambre, auprès de Roger Dudant. Peintre, graveur et plasticien, il avait développé un langage personnel, souvent non figuratif, dans lequel les paysages devenaient des atmosphères, des fragments de mémoire plutôt que de simples représentations du réel.
Mais son travail ne s'arrêtait pas à l'image. Jean-François Van Haelmeersch aimait prolonger ses oeuvres par des écrits, les faire dialoguer avec la littérature et la poésie. Une manière de ne jamais considérer une oeuvre comme définitivement achevée.
Ce week-end, une exposition devait se tenir chez lui, à Kain, avec la complicité de la poétesse Françoise Lison-Leroy. Celle-ci sera maintenue en hommage à l'artiste.
En 2019, le projet "Nos racines", présenté dans le cadre du festival"Art dans la Ville"à Tournai, illustrait particulièrement bien cette démarche d'unir l'image aux mots. Avec Caroline Léger, Bruno Delmotte et Hugues Robaye, il avait porté son regard sur les platanes malades et mourants de la Drève de Maire. Photographies, gravures, installations et poésie en picard racontaient la disparition de ces arbres, mais aussi l'attachement à un paysage et la mémoire qu'il porte.
Au fil de son parcours, Jean-François Van Haelmeersch aura exploré différentes manières de raconter le monde, sans jamais chercher à en imposer une lecture unique. Une peinture pouvait appeler un poème, une gravure réveiller une mémoire, un arbre disparu devenir le point de départ d'une création collective. Il s'est illustré également aux côtés du Collectif garage.
Il reste aujourd'hui ses oeuvres, les écrits et les rencontres qu'il a suscitées. Autant de traces qui prolongent sa présence et témoignent de ce qui l'animait : regarder autrement, interroger ce qui nous entoure et préserver, par la création, quelque chose de notre fragile passage sur terre. Il avait aussi transmis sa passion aux élèves de deuxième maternelle des Apicoliers, en 2015.
- Auteur de la photo portrait : Gordon War
A.L.