Beloeil : le CPAS face à une hausse de 200.000 euros des dépenses liées au revenu d’intégration

Beloeil : le CPAS face à une hausse de 200.000 euros des dépenses liées au revenu d’intégration

Beloeil

Si la dotation communale reste fixée à deux millions d’euros, les conséquences de la réforme du chômage se font de plus en plus sentir.

La situation financière du CPAS de Beloeil se complique. Le conseil communal de Beloeil a approuvé à l’unanimité, ce mercredi soir, la deuxième modification budgétaire du CPAS pour 2026.

Lors de la présentation, son président, Christian Vandeputte, a annoncé une charge supplémentaire de 200.000 euros liée à l'augmentation du nombre de bénéficiaires du revenu d'intégration sociale (RIS). Une hausse directement liée aux conséquences de la réforme du chômage.

"Nous avons actuellement près de 200 bénéficiaires, alors qu'en début d'année, nous étions à 110", a rappelé le président. Une évolution qui pèse sur les finances du centre, d'autant que les interventions fédérales ne compensent pas intégralement les dépenses supplémentaires. Pour les personnes concernées par les exclusions du chômage, l'intervention fédérale était de 100 % entre janvier et juin 2026. Elle devient ensuite dégressive. Le reste est donc à charge de la commune.

Un budget équilibré, mais des inquiétudes pour 2027

La modification budgétaire porte le budget ordinaire du CPAS à près de 10,96 millions d'euros, contre environ 10,38 millions initialement. Malgré cette augmentation, le budget reste équilibré au terme de l'exercice, grâce notamment à la prise en compte des résultats des années précédentes.

La dotation communale, elle, ne change pas et reste fixée à deux millions d'euros pour 2026. Une stabilité qui ne dissipe toutefois pas les inquiétudes pour la suite. "Les effets de la réforme du chômage ne vont pas s'arrêter ici en 2026 et vont probablement continuer à se faire sentir en 2027", a prévenu Christian Vandeputte.

Une préoccupation partagée par le conseiller communal Hubert Willems. "On passe quand même d'une situation maîtrisée à une situation qui devient de moins en moins maîtrisée", a-t-il souligné, s'interrogeant sur la capacité du CPAS à faire face à cette évolution dans la durée.

Le président appelle néanmoins à ne pas céder au pessimisme. Le centre entend poursuivre ses efforts pour favoriser l'insertion professionnelle des bénéficiaires. Le nombre de contrats d'insertion professionnelle a ainsi doublé. Une soirée de sensibilisation a également été organisée à destination des entreprises et des commerces locaux. Sur les 350 courriers envoyés, neuf réponses ont été obtenues. Le CPAS compte poursuivre ses démarches pour développer de nouvelles collaborations.

Une prise en charge qui ne se limite pas à l'emploi

Le président rappelle toutefois que tous les bénéficiaires du revenu d'intégration ne peuvent pas être orientés directement vers le marché du travail. Certains sont étudiants et bénéficient du soutien du CPAS pour poursuivre leurs études. D'autres rencontrent des problèmes de santé ou des difficultés sociales qui nécessitent un accompagnement spécifique.

À partir du début du mois de novembre, une permanence avec des psychologues et des psychiatres doit ainsi être organisée une fois par semaine dans les locaux du CPAS, en collaboration avec une intercommunale. Des ateliers d'activation sociale sont également proposés aux personnes les plus éloignées de l'emploi.

En parallèle, à l'extraordinaire, le centre poursuit un autre chantier important : l'extension et la mise en conformité de sa maison de repos. Le président a annoncé que le marché devrait pouvoir être attribué dans les prochaines semaines, sous réserve de la réception des derniers documents et de la signature ministérielle attendue. Cette deuxième phase des travaux doit permettre d'augmenter la capacité d'accueil de 18 places, alors que la liste d'attente reste importante.

Pour Christian Vandeputte, l'enjeu sera de continuer à assurer les missions sociales du CPAS tout en limitant les répercussions financières sur la commune. Un défi qui devrait rester au coeur des discussions lors de la préparation du budget 2027.


E.H.