Bâtiment rue du Doyen à Enghien : le collège pourrait revoir sa position

Bâtiment rue du Doyen à Enghien : le collège pourrait revoir sa position

Enghien
Bâtiment rue du Doyen à Enghien : le collège pourrait revoir sa position

Un recours a été fait au Conseil d’État par des riverains et l’ASBL Communauté Historia contre ce projet de 35 appartements.

Ce jeudi soir, le dossier de création de 35 appartements dans une ancienne bâtisse de la rue du Doyen s'est invité sur la table du conseil d'Enghien. La conseillère Ecolo Bénédicte Linard s'est en effet inquiétée de la procédure pour accorder le permis. "Il pourrait y avoir des manquements dans le dossier", explique-t-elle. "Le bâtiment est pastillé, des avis doivent être demandés aux services du patrimoine. Il y a un avis sur le bâtiment en tant que tel, qui n'est pas contraignant. Mais cet avis était défavorable au regard de la valeur patrimoniale du bâtiment. On est dans l'ancien quartier des brasseurs, on retrouve des éléments du 17e dans les combles notamment." Ce sont d'ailleurs ces éléments du 17e qui sont plus importants patrimonialement que les éléments du 18e que le promoteur va réintégrer dans le projet, selon la conseillère.

Un deuxième avis en matière d'archéologie devait également être remis. "Avant d'entamer des travaux, un travail archéologique doit être fait. Mais cet avis n'a pas été présenté à la CCATM. Au contraire, on a dit à la CCATM que c'était un beau projet et que le ministre avait donné son aval. Or, Valérie Lescrenier, en charge du patrimoine, n'était pas au courant du projet. Je me demande donc quel ministre a donné son avis"

Les avis de l'AWAP n'ayant ni été présentés en CCATM, ni joints au dossier, la conseillère Ecolo se demande s'il n'y a donc pas eu "un vice de procédure".

Le bourgmestre Marc Vanderstichelen (Génér'actions) explique que le collège a fait face à un dilemme : "soit on laisse péricliter le chancre, soit on revitalise le quartier. En 5 ans, nous n'avons pas eu d'autres projets présentés." Il rappelle également les arguments qui ont conduit la Ville à émettre un avis favorable.

Le 22 juin, la CCATM a en effet rendu un avis favorable. "Elle n'avait pas l'avis de l'AWAP qui ne nous a pas transmis d'avis en cours de procédure. Le fonctionnaire délégué ne l'avait pas reçu non plus. Le collège n'a obtenu l'avis de l'AWAP qu'il y a une semaine. C'est la raison pour laquelle le collège a délivré le permis. Sans avis de la part de l'AWAP, il est considéré comme favorable."

Ce lundi, des riverains et l'ASBL Communauté Historia ont introduit un recours en extrême urgence devant le Conseil d'État, craignant que les travaux de démolition du bâtiment débutent dans la semaine. "Mais le promoteur n'étant pas sur le point de faire les travaux, le caractère urgent n'a pas été retenu."

Le permis est cependant en suspens. "Nous avons pris connaissance de l'avis de l'AWAP et nous allons prendre connaissance des pièces qui figurent dans le recours. Nous allons analyser le dossier", précise Sébastien Vanbelle, échevin de l'Urbanisme (Génér'actions).

Le collège pourrait-il changer d'avis à la lumière de ces pièces ? "L'avis pourrait changer. Mais je rappelle qu'en 5 ans, on n'a pas eu la moindre proposition de réhabilitation. Donc, on n'aura comme choix que d'adapter le permis en fonction des remarques de l'AWAP ou de laisser le chancre. J'ose espérer qu'il y aura une flexibilité dans le chef du promoteur pour tenir compte de l'avis de l'AWAP", précise Marc Vanderstichelen.


S.L.