Frasnes : les taxes et la situation du CPAS continuent à faire débat
La modification budgétaire était le plat principal au menu du conseil communal de ce mardi soir. Elle n'a pas convaincu l'opposition qui a voté contre.
"La modification budgétaire n°1 se clôture par un boni global de 88.065 € au service ordinaire et avec un résultat positif de 31.015 € à l'exercice propre" : c'est par ces chiffres que Jacques Dupire, le bourgmestre en charge des Finances, entame sa présentation avant de détailler les recettes et les dépenses de cette première modification budgétaire de l'année.
Parmi les chiffres notoires au service ordinaire, il faut notamment retenir une réduction de 181.140 € des additionnels au précompte immobilier et une augmentation des recettes de 103.023 € des additionnels à l'IPP. La cotisation de responsabilisation est réduite à 705.000 € alors que, suite aux directives du ministre Desquesnes demandant aux provinces d'intervenir, la dotation communale à la Zone de secours de Wallonie picarde est réduite de 48.514 €. "A l'échéance 2030, nous n'aurons plus rien à payer... sauf que les provinces vont disparaître et que, in fine, ce sera aux communes payer", ironise Jacques Dupire.
Parmi les 1.750.000 € des provisions, 300.000 € sont prévus pour le CPAS.
Au service extraordinaire, on notera quelques adaptations de crédit pour des projets PIC/PIMACI, une dépense de 460.000 € pour les équipements de scénographie de la maison rurale La Cigale et un retrait des 70.000 € pour l'installation d'une cuisine à l'école de Dergneau transféré en majoration des honoraires pour cette même école.
"Une provision plus grande pour le CPAS aurait pu être prévue"
Au nom du groupe MR, Daniel Richir est le premier à réagir. "Comme pour le budget, au niveau des recettes, il y a un gros morceau qui s'appelle les impôts et les taxes communaux : sur les 18,3 millions de recettes, il y en a 10,7 qui proviennent des impôts et des taxes. Ce n'est pas rien ! Si je vais un peu plus loin, c'est 16% en plus qu'en 2025 et 25% de plus qu'en 2025. Chaque concitoyen frasnois crache !"
De son côté, Carine De Saint Martin s'inquiète particulièrement de la situation du CPAS. "La situation est plus qu'inquiétante. Les 300.000 € de provision seront plus que nécessaires mais ce ne sera pas suffisant car on sait que le CPAS est déjà en difficulté. Une provision plus grande aurait pu être prévue."
Alors qu'elle s'inquiète pour les frais de fonctionnement qui ne cessent de croître ("Quand on demande aux citoyens de faire des efforts, il faut en faire aussi"), son acolyte Grégory Timmermans lui embraie le pas : "En 2022, les frais de fonctionnement s'élevaient à 1,88 millions alors qu'ils sont à 2,68 millions en 2025 et à 3,62 millions en 2026. Nous avons donc une hausse de 43% en 3 ans à laquelle succède une hausse de 22% en seulement un an. Comment le justifie-t-on ? Est-ce cohérent d'avoir pareille augmentation en termes de fonctionnement communal alors qu'à côté de cela on demande des efforts considérables aux citoyens et entreprises frasnois ?"
"Cela fait en moyenne 403 € de plus par ménage"
Pour les socialistes, c'est Marian Clément qui prend la parole, toujours avec des chiffres à l'appui. "Malgré les augmentations importantes des recettes fiscales, le boni reste insignifiant : 31.000 € pour l'exercice propre et 88.000 € au général. Les recettes issues de la fiscalité augmentent de 2,1 millions d'euros par rapport à l'exercice 2024. Pour environ 5.200 ménages, cela fait en moyenne 403 € de plus par ménage. C'est énorme."
Il abonde dans le sens de Carine De Saint Martin au moment d'aborder la situation du CPAS : "Nous aurions préféré une majoration de dotation communale de 300.000 € à une mise en provision. Car comme tous les CPAS de Wallonie, notre CPAS est exsangue."
Il s'interroge aussi sur le projet de nouvelle maison de repos ("Où en est l'achat du terrain de 350.000 € ? Que sont devenus les 100.000 € de frais d'étude ?") avant de tirer la sonnette d'alarme : "Dans 8 à 10 ans au plus, le Home Saint-Joseph sera complètement obsolète et ne pourra plus accueillir les résidents. Le temps presse si on veut conserver une maison de repos et de soins publique."
"C'est vous qui nous avez mis dans cette situation"
Jacques Dupire ne peut entendre les attaques relatives à la fiscalité. "Vous surfez très bien sur la vague :"On paie trop d'impôts"! Nous ne le voulions pas mais c'est vous qui nous avez mis dans cette situation. Si vous êtes contre les taxes, dites-moi ce qu'on pourrait faire."
Et le premier Frasnois de rappeler qu'avec ses 7,8% à l'IPP, Frasnes-lez-Anvaing est l'une des communes les moins taxées de Wallonie picarde avant de, tableau à l'appui, démontrer que "si nous ne faisons rien, les projections de 2026 à 2029 nous mèneraient à la faillite".
Des propos que ne peut entendre Michel Devos (PS) : "C'est facile de dire que c'est nous qui vous avons mis dans cet état-là. Tu as été échevin des Finances pendant 24 ans, tu as une co-responsabilité. Il faut dire les choses de manière exacte, pas qu'on n'y connaît rien et qu'on a été de mauvais gestionnaires."
Carine De Saint Martin n'est pas non plus d'accord : "Vous avez démarré avec une fiscalité basse mais aujourd'hui, au niveau du précompte immobilier, Frasnes est parmi les plus hauts de la région."
Et le bourgmestre de conclure : "Nous n'avons pas vraiment eu le choix. J'espère que d'ici la fin de la mandature nous reviendrons à une fiscalité bien plus modérée."
F.T.