«Nos villages vont être défigurés» : la Ville d'Ath dénonce le tracé de la Boucle du Hainaut
Le collège communal d'Ath réagit vivement au périmètre retenu par le gouvernement wallon pour la Boucle du Hainaut.
La décision du gouvernement wallon concernant la Boucle du Hainaut continue de susciter de vives réactions en Wallonie picarde. Après la commune de Silly et l'association REVOLHT, c'est au tour du collège communal d'Ath d'exprimer son opposition au périmètre retenu pour la future ligne électrique reliant Avelgem à Courcelles.
Dans un communiqué, les autorités athoises affirment avoir pris connaissance de cette décision "avec sidération". Elles estiment que le tracé aura des conséquences importantes sur plusieurs villages de l'entité.
Moulbaix, Autreppe, Arbre et Gibecq concernés
Le périmètre retenu touche directement la partie du territoire située entre Moulbaix et Autreppe, ainsi que les sections d'Arbre et de Gibecq.
"Nos villages vont être défigurés", dénoncent les autorités communales, qui s'inquiètent des répercussions du projet sur les paysages, les habitations, les exploitations agricoles et le patrimoine local.
La Ville demande au gouvernement wallon et à Elia de lui transmettre sans délai l'ensemble des documents ayant conduit au choix de ce périmètre.
Elle souhaite notamment connaître les critères techniques, environnementaux et paysagers utilisés pour déterminer le tracé, ainsi que les conséquences précises pour les habitants concernés.
Le collège regrette également que les avis de la Commission consultative communale d'aménagement du territoire et de mobilité (CCATM) et du conseil communal n'aient, selon lui, pas été pris en compte.
L'enfouissement de la ligne au coeur des revendications
L'annonce d'un enfouissement d'au moins huit kilomètres sur les quelque 85 kilomètres que compte le projet suscite également la colère des autorités athoises.
Pour le collège, cette proposition ne répond pas aux demandes formulées par les communes, les commissions consultatives et les associations citoyennes.
Les élus réclament que la possibilité d'enterrer la ligne soit examinée sur le territoire athois, notamment en raison de la proximité de certaines habitations avec le tracé envisagé.
La Ville annonce qu'elle n'hésitera pas à utiliser les voies juridiques et démocratiques à sa disposition pour défendre cette revendication.
Des interrogations sur les indemnisations
Le collège communal se montre également critique envers les mécanismes d'indemnisation annoncés par le gouvernement wallon.
Il rappelle que le ministre avait évoqué, quelques semaines auparavant, des dédommagements d'un million d'euros par kilomètre. Les autorités communales jugent les mesures désormais proposées insatisfaisantes et réclament davantage de précisions.
Elles demandent également l'organisation rapide d'une présentation officielle du périmètre retenu, en présence du gouvernement wallon et d'Elia, afin d'expliquer les motivations du choix et ses conséquences pour Ath.
Un appel à la mobilisation lors de l'enquête publique
Le collège communal appelle enfin les habitants à se mobiliser massivement lors de l'enquête publique annoncée pour le premier semestre 2027.
Cette étape permettra aux citoyens et aux autorités locales de formuler leurs observations sur le projet avant la poursuite de la procédure.
Pour la Ville d'Ath, la décision du gouvernement wallon ne met donc pas fin au débat. Les autorités entendent continuer à défendre l'enfouissement de la ligne et les intérêts des villages concernés.
J.C.