Boucle du Hainaut : REVOLHT dénonce un «passage en force» du gouvernement wallon

Boucle du Hainaut : REVOLHT dénonce un «passage en force» du gouvernement wallon

Boucle du Hainaut : REVOLHT dénonce un «passage en force» du gouvernement wallon

REVOLHT dénonce un manque de transparence sur les choix techniques et annonce vouloir poursuivre son combat sur les plans politique, scientifique et juridique.

La décision du gouvernement wallon concernant la Boucle du Hainaut ne convainc pas les opposants au projet. Dans un communiqué, l'association REVOLHT se dit "abasourdie" par le choix d'un corridor de 85 kilomètres entre Avelgem et Courcelles, dont au moins huit kilomètres seraient enterrés.

Pour l'association, cette décision intervient alors que plusieurs questions essentielles restent sans réponse, notamment sur la nécessité de construire une infrastructure électrique d'une capacité de 6 gigawatts.

Des études techniques jugées insuffisamment transparentes

REVOLHT reproche au gouvernement de ne pas avoir rendu accessibles l'ensemble des données permettant de vérifier les conclusions des études techniques.

L'association réclame notamment l'accès aux modèles du réseau électrique, aux simulations détaillées et aux fichiers utilisés pour comparer les différentes solutions envisagées.

Elle conteste également le rejet d'une ligne entièrement souterraine utilisant la technologie du courant continu haute tension, appelée HVDC. Selon REVOLHT, les éléments rendus publics ne permettent pas de vérifier de manière indépendante les raisons de ce choix.

L'association estime enfin que les possibilités de réutiliser les infrastructures et les corridors existants n'ont pas été suffisamment étudiées.

François Desquesnes directement mis en cause

Dans son communiqué, REVOLHT critique également le ministre wallon des Pouvoirs locaux, François Desquesnes, auquel elle reproche de ne pas avoir exigé davantage de transparence.

"Malgré ses engagements passés, François Desquesnes choisit aujourd'hui de défendre un compromis politique plutôt que d'exiger toute la transparence nécessaire pour protéger durablement notre région", affirme l'association.

Pour les opposants, les conséquences du projet sur la santé, le cadre de vie et l'avenir des territoires traversés restent au coeur des préoccupations.

REVOLHT évoque le précédent de Ventilus

L'association établit un parallèle avec Ventilus, un autre projet de ligne à haute tension développé en Flandre.

Elle rappelle que ce dossier a donné lieu à de nombreux recours en justice et affirme que certaines parties des travaux ont été suspendues.

REVOLHT entend s'appuyer sur ce précédent pour poursuivre sa mobilisation contre la Boucle du Hainaut.

La mobilisation va se poursuivre

Malgré la décision du gouvernement wallon, la procédure est encore loin d'être terminée.

Le corridor retenu devra faire l'objet d'une enquête publique au début de l'année 2027. Les citoyens et les communes concernés pourront alors transmettre leurs observations avant une décision définitive sur l'inscription du projet au plan de secteur.

De son côté, Elia, le gestionnaire du réseau électrique, considère que la décision du gouvernement permet au projet de franchir une étape importante. L'entreprise maintient son objectif de mise en service à l'horizon 2032-2033.

REVOLHT prévient toutefois qu'elle ne compte pas abandonner son opposition. L'association annonce qu'elle poursuivra ses démarches sur les terrains politique, scientifique et juridique, afin d'obtenir, selon ses termes, une décision publique "transparente, vérifiable et responsable".


J.C.