Tournai : des piquets de grève bloquent les accès au département maintenance, la bourgmestre intervient avec un huissier

Tournai : des piquets de grève bloquent les accès au département maintenance, la bourgmestre intervient avec un huissier

Tournai
Tournai : des piquets de grève bloquent les accès au département maintenance, la bourgmestre intervient avec un huissier

La grève des services publics a pris une tournure tendue ce lundi matin au département maintenance de la Ville de Tournai, près de Froyennes. Les accès bloqués par les grévistes ont nécessité l’intervention de la bourgmestre Marie-Christine Marghem, accompagnée d’un huissier et d’un serrurier. Une intervention dénoncée par la CGSP.

La mobilisation de ce lundi visait à dénoncer les mesures d'économie du gouvernement fédéral Arizona et leurs conséquences sur les services publics. Mais au département maintenance de la Ville de Tournai où se trouve le service travaux, le mouvement a donné lieu à un bras de fer entre les représentants syndicaux et les autorités communales.

Des piquets avaient été installés devant les bâtiments et les accès bloqués, empêchant les travailleurs qui le souhaitaient de rejoindre leur poste. Présente sur place dans la matinée, Marie-Christine Marghem a fait appel à un huissier et à un serrurier afin de permettre l'ouverture des portes.

"Ceux qui veulent travailler doivent pouvoir le faire"

Pour la bourgmestre, l'intervention était nécessaire afin de garantir la liberté de travailler. Elle affirme avoir d'abord rencontré les délégations syndicales et les membres du personnel pour entendre leurs revendications et présenter les réponses de l'administration communale.

"On a la liberté de travailler ou de ne pas travailler. J'estime que c'est un droit fondamental et que là, ceux qui veulent travailler doivent pouvoir le faire", explique Marie-Christine Marghem.

Si elle dit respecter la liberté de manifester et d'exprimer ses revendications, elle estime que le blocage des accès constitue une limite à ne pas franchir. Elle rappelle également que les demandes syndicales ont déjà été abordées lors de concertations avec l'administration.

La bourgmestre invoque aussi la situation financière de la Ville pour expliquer les limites des réponses qui peuvent être apportées aux travailleurs. Selon elle, Tournai doit faire face à un déficit de 17 millions d'euros pour élaborer son budget 2027.

La CGSP dénonce une pression sur les grévistes

Du côté syndical, l'intervention de la bourgmestre passe mal. Pascal Douliez, vice-président de la FGTB Wallonie picarde, reproche aux autorités communales d'avoir détourné l'attention des revendications portées par la mobilisation nationale.

"Quand on envoie un huissier pour faire des constats, qu'on ne me dise pas qu'on respecte le droit de grève", dénonce-t-il.

Le représentant syndical juge également inhabituelle la présence de la bourgmestre sur les piquets. Selon lui, cette intervention constitue une pression sur les travailleurs et les délégués syndicaux.

Il défend le blocage des accès comme une forme d'action syndicale et rappelle que la mobilisation ne concernait pas uniquement la situation à Tournai. Les syndicats entendaient avant tout dénoncer les mesures budgétaires fédérales et leurs conséquences sur les moyens accordés aux services publics.


E.H.